HOMMAGE A L’ABBE ANDRE QUENUM
Article mis en ligne le 13 novembre 2014

par L’administrateur
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Chers amis,

Je suis bouleversé par la mort brutal de l’Abbé André Quenum, survenue ce lundi 10 novembre 2014. Il était courageux au service de la vérité. Je n’oublierai jamais qu’il a fait publier dans La Croix un texte assez osé que j’ai écrit pour réagir à un certain appel d’Albert Tévoédjrè. C’est avec émotion que je partage avec vous cette mise en garde de lui, adressée au Président du Bénin, Thomas Boni Yayi, le 1er novembre 2014, juste au lendemain de la révolution burkinabè.

Que son âme repose en paix !

Bien à vous,

Albert

Monsieur le président de la République,

Qu’un « petit » citoyen adresse un mot à votre « haute autorité » pourrait se révéler parfaitement inutile. Néanmoins, prêtant ma plume aux nombreux citoyens qui s’inquiètent pour l’avenir de ce pays, je voudrais vous demander : Monsieur le président, voyez-vous ce qui se passe au Burkina Faso ? Que ferez-vous pour que les Béninois qui sont déjà plusieurs dizaines de milliers de manifestants dans les rues n’atteignent pas les centaines de milliers comme leurs frères burkinabè ? Les tueries de policiers ne vous inquiètent-elles pas ? Les violences subites à Wassa Pehunco, à Natitingou et à Boukoumbé, les braquages de tribunaux ne vous inquiètent-ils pas ?

Monsieur le président, il arrive un moment où les peuples sont fatigués, excédés. Il arrive un moment où le mensonge ne suffit plus, même celui d’Etat. Il arrive un moment où les « nous vous soutenons, Monsieur le président » perdent de leur effet soporifique. Il arrive un moment où l’argent ne suffit plus à contrôler les consciences, un moment où les montages médiatiques ne suffisent plus à distraire.

Monsieur le président, jusqu’au mercredi 29 octobre 2014, Blaise Compaoré n’acceptait pas de se rendre à l’évidence face à la colère de son peuple. Il était tellement aveuglé par son pouvoir qu’il n’écoutait plus personne, ni la Conférence épiscopale burkinabè, ni ses propres services de renseignement, ni sa conscience. Ni les puissances internationales, notamment la France dont le président, François Hollande, vient de rendre publique, comme pour se disculper, la lettre envoyée à Ouagadougou il y a trois semaines. Compaoré n’écoutait plus rien qui soit contraire à sa folie de contrôle du pouvoir. Où sont aujourd’hui ses députés qui prétendaient connaître et incarner la volonté de leurs mandants ? Il a fallu que le pays des hommes intègres bascule dans la violence pour que le projet de révision constitutionnel soit retiré. Mais trop tard ! L’insurrection populaire s’est généralisée et ne s’arrêtera plus devant rien, même pas les coups de fusil.

Et aujourd’hui, Compaoré se retrouve le seul responsable de sa folie face à la furie populaire ! Il se retrouve seul, Monsieur le président !

Alors Monsieur le président, puis-je vous dire que les Béninois sont aussi en colère ? Puis-je vous dire que la responsabilité de tout ce qui se passe risque de vous être imputée, même si vous vous en défendez ?

Et pour cause ! Monsieur le président, n’est-ce pas vous qui faites tout dans ce pays ? N’est-ce pas à vous que tout est attribué ? C’est vous qui allumez les lampadaires, qui inaugurez les lycées et lancez la rentrée des nouveaux lycéens. C’est vous qui posez toutes les premières pierres, même les plus petites. C’est vous qui lancez et relancez tous les travaux de construction de toutes les infrastructures, même les plus petites. Rien ne se fait donc dans ce pays sans vous.

A contrario, ne soyez pas étonné que le peuple vous attribue tout ce qui ne va pas.

Pour rassurer les populations que vous ne tenez pas à un troisième mandat, n’en dites plus mot ni au Pape ni à Obama ni à Ki-Moon. Agissez seulement ! Agissez dans le sens d’un président qui veut quitter le pouvoir et qui aura besoin d’une vie après la Marina. Que la Lépi soit corrigée ! Que toutes les élections soient organisées à bonnes dates ! Laissez-moi vous le redire, Monsieur le président, le Bénin est fatigué. Il n’est de l’intérêt de personne qu’il bascule dans la violence. Nous pouvons encore éviter le pire.

André S. QUENUM

Forum
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HOMMAGE A L’ABBE ANDRE QUENUM
L’administrateur - le 22 novembre 2014

Bonsoir Albert,

Je compatis à ton désarroi vis à vis de la mort brutale de l’Abbé Quenum. Perdre quelqu’un qui ose dire la vérite fait mal parce qu’ils sont très peu nombreux et surtout de l’Eglise.Bon courage, Albert.Je veux te souhaiter en même temps un Joyeux Anniversaire et une belle Fête de Saint Albert demain.Mes félications aussi pour ton livre et la présentation dont Antoine m’a parlé.Bonne soirée.

Ria,

Lomé, ce 14 novembre 2014.

HOMMAGE A L’ABBE ANDRE QUENUM
Lambert ADANHOUNME - le 16 novembre 2014

Il prouve à travers ce texte qu’il était un prêtre courageux au service de la vérité et de son pays. Qu’il repose en paix.

HOMMAGE A L’ABBE ANDRE QUENUM
Bédi Holy - le 14 novembre 2014

Paix, grande paix à son âme !
Voilà un citoyen de grande valeur, qui nous quitte.Il était soucieux du meilleur pour ses concitoyens, il avait le courage de son opinion et l’audace de se faire entendre.
Que Dieu, à qui il avait consacré sa vie, lui pardonne ce qu’il a pu faire de mal et lui accorde le meilleur dans l’au-delà !
Bédi Holy
Abidjan



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