COMPTE RENDU DU CAFE RENCONTRE DU VENDREDI 24 AVRIL 2015
Article mis en ligne le 29 avril 2015
dernière modification le 4 mai 2015

par L’administrateur
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Six personnes étaient présentes : Armand Elisha, Lambert Adanhounmè, Raymond Coua-Zotti, Armand Adanhounmè, Sita Diabaté Gandonou et Albert. A l’ordre du jour, figuraient deux points :

1) Etude du point des travaux du comité préparatoire du prochain colloque de CPCM

2) Divers :

-  Nouvelles de la campagne électorale d’Albert pour l’élection législative du 26 avril 2015.

-  Partage de la réaction de l’écrivain béninois, le Doyen Olympe Bhêly-Quenum au compte rendu du café rencontre du 27 mars 2015.

I- Le premier point

Comme décidé au café rencontre du mois de mars 2015, trois membres du comité préparatoire du colloque ont pu se réunir à plusieurs reprises à Porto-Novo pour faire avancer le document de base. L’examen du travail abattu par cette équipe a permis aux participants de comprendre le pourquoi de ce colloque et son urgence dans le contexte qui prévaut actuellement en Afrique où l’on a commencé à s’exclure et à s’entretuer au nom de Dieu. Le colloque veut contribuer à favoriser le vivre ensemble, non pas la tolérance mais le respect de l’autre quelle soit son opinion ou sa religion. Il s’agit de marquer une rupture avec les anciens dialogues et colloques interreligieux, en mettant « face à face les grandes religions et les laïcités ; et les Africains face à eux-mêmes ». Les grandes religions, c’est aussi le sikhisme et l’hindouisme. Les Africains dont les religions endogènes, païennes (au sens de religions du pays), sont caractérisées par une grande ouverture aux autres, l’éclectisme et la tolérance, les Africains du fond de leur culture n’ont-ils rien de spécifique à apporter au monde ? Doivent-ils du fait de la colonisation et de la domination étrangère demeurer des béni-oui-oui, d’éternels consommateurs des valeurs des autres ? Il s’agit aussi de dire NON à des soi-disant Vérités au nom desquelles on juge et exclut les autres, de refuser tout débat sur le vrai ou le faux en matière de religion. La religion est avant tout un fait culturel et humain : ce qui prime c’est donc la culture de chacun qu’il faut apprendre à respecter. L’esprit humain étant le même partout, dans le fond toutes ses inventions sont comparables, au-delà de la diversité des formes apparentes. Les communications doivent donc partir du vécu, la pratique des communicants et non se répandre en proclamations sur les doctrines, les dogmes et autres vérités prétendues éternelles. Les participants doivent donc être sélectionnés sur la base de leur ouverture d’esprit. Les animateurs de l’émission « Au-delà du réel » de Golfe TV ont été évoqués. Mais aussi la coexistence exemplaire entre l’église sainte Anne d’Attakè et la toute nouvelle mosquée qui vient d’être inaugurée en face à Porto-Novo : les deux lieux de prière longtemps en construction se sont prêté une mutuelle assistance et c’est le P. Akplogan, curé de la paroisse, qui a reçu le privilège d’introniser l’imam de ladite mosquée.

Il ne s’agira pas non plus de tout respecter : ceux qui ont basculé dans la criminalité au nom de Dieu ne méritent « ni égards ni patience ».

Cette réplique de l’Africain Maxime Madaure à son compatriote Aurelius Augustinus (saint Augustin), au 4e siècle, reste de la plus grande actualité : « Qu’il n’existe qu’un Dieu unique et suprême, sans commencement et sans descendance, quel homme est assez grossier, assez stupide pour en douter ? C’est lui dont nous invoquons, sous des vocables divers, les énergies répandues dans le monde, car nous ignorons son nom véritable, et en adressant nos supplications séparément à ses divers membres, nous entendons l’honorer tout entier. [...] Grâce à l’intermédiaire des dieux subalternes, ce Père commun et d’eux-mêmes et de tous les mortels est honoré de mille manières par les humains, qui restent d’accord dans leur désaccord. » (SAINT AUGUSTIN, Epîtres, XVI).

De la plus haute actualité aussi cette instruction du pape Alexandre VII aux missionnaires et aux premiers vicaires créés par le Saint Siège, et qui date de 1659 : « Ne mettez aucun zèle, n’avancez aucun argument pour convaincre ces peuples de changer leurs rites, leurs coutumes et leurs mœurs, à moins qu’elles ne soient évidemment contraires à la religion et à la morale. Quoi de plus absurde que de transporter chez les Chinois la France, l’Espagne, l’Italie ou quelque autre pays d’Europe ? N’introduisez pas chez eux nos pays, mais la foi qui ne repousse ni ne blesse les rites et les usages d’aucun peuple, pourvu qu’ils ne soient pas détestables, mais bien au contraire veut qu’on les garde et les protège. Il est pour ainsi dire inscrit dans la nature de tous les hommes d’estimer, d’aimer, de mettre au-dessus de tout au monde les traditions de leur pays, et ce pays lui-même. Aussi n’y a-t-il pas de plus puissante cause d’éloignement et de haine que d’apporter des changements aux coutumes propres à une nation, principalement à celles qui y ont été pratiquées aussi loin que remontent les souvenirs des anciens. Que sera-ce si, les ayant abrogées, vous cherchez à mettre à la place les mœurs de votre pays, introduites du dehors ? »

Il en est de même de ce que dit Basil Davidson, dans son ouvrage Les Africains, de la sorcellerie en Europe et en particulier dans son Ecosse natale. Certains Africains pensent qu’il s’agit là d’une pratique qui n’est propre qu’à leur culture !

Bref, en ce début du 21e siècle, il urge que, selon l’expression de Jean-Marie Muller, « Yahvé des armées » se change en « Yahvé désarmé  » à l’image de Jésus en croix !

Le draft livré par le sous-comité a été validé par le café rencontre pour ce qui est des points ci-après : Contexte et justification, objectif général, objectifs spécifiques, stratégie et déroulement, résultats attendus et participants. Il reste au comité d’organisation de finir de réfléchir sur les trois points suivants : l’identification des participants, l’agenda du colloque et les éléments de budget. Le document final, dès qu’il sera prêt et validé, sera mis en ligne et sur support papier à la disposition de tous.

II- Le second point

En divers, deux moments ont été marqués.

Le premier ce sont les nouvelles de sa campagne données par Albert. Le slogan porté par ses affiches et ses banderoles est ceci : « Pour offrir à notre jeunesse un avenir radieux, levons-nous ensemble pour nous libérer des voleurs, des fraudeurs et des menteurs ». Les voleurs ce sont les pilleurs et les gaspilleurs des biens publics. Ce sont les mêmes qui fraudent, les mêmes qui mentent. Tout est fait dans sa circonscription pour noyer sa parole à coups de billets de banque ouvertement distribués par ses concurrents bourgeois "libéraux" en violation flagrante et éhontée de l’article 62 du Code électoral en vigueur. La masse d’argent en circulation et la rage de ses concurrents (une de ses banderoles est disparue, au marché de Kétoukpè, depuis ce matin du dernier jour de la campagne) sont pour Albert le signe d’une panique évidente à leur niveau. Les jeunes ont été la cible de prédilection d’Albert qui n’a ménagé aucun effort pour éveiller leur conscience à la gravité de la situation et les préparer à l’éclatement de la révolution qui pourrait intervenir à tout moment dans ce climat de pourriture approfondie à tous les niveaux, où la jeunesse est tout simplement laissée pour compte, condamnée au chômage, en proie aux concours frauduleux.

Le second moment le message Doyen Olympe Bhêly-Quenum en réaction au compte rendu du café rencontre du 27 mars 2015. CPCM reçoit toujours avec une grande émotion des signes de sa sympathie et de son soutien. Voici un extrait de ce message qu’il a bien voulu nous donner l’autorisation de publier :

«  Garrigues-Sainte-Eulalie, 15/04/15

Bonsoir,

Il est tard mais simplement de tout cœur pour ce compte rendu substantiel ; enregistré, je vais le lire à tête reposée. Fan du pape François dont le courage et le franc-parler m’animent davantage de fermeté face aux problèmes de mon pays natal, j’écris souvent à mon cousin RP Jean-Marie Hyacinthe Quenum, ex-recteur de l’université jésuite, au Kenya, actuellement au Cameroun ; j’ai lu nombre des textes du Saint Père ; un trait de mon enthousiasme a été envoyé au Vatican que je fréquentais beaucoup quand le Cardinal Bernardin GANTIN y résidait. (…)  »

Ci-joint aussi, venant de l’écrivain Olympe Bhêly-Quenum, un texte formidable sur notre Ami le Pape François et sur la situation de notre patrie bien-aimée le Bénin.

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