ACTES DU COLLOQUE INTERNATIONAL DE L’ASSOCIATION "CHRÉTIENS POUR CHANGER LE MONDE" (CPCM) DES 15, 16 ET 17 JANVIER 2016 A COTONOU
Article mis en ligne le 29 janvier 2016
dernière modification le 9 février 2016

par L’administrateur
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Le colloque international sur le dialogue interreligieux, élargi aux laïcs et aux non-croyants, a bien eu lieu les 15,16 et 17 janvier 2016, à l’INFOSEC, à Cotonou. Il a eu pour thème : «  La rencontre des religions et des laïcités pour le réveil de la fierté africaine et la promotion d’un patriotisme éclairé en Afrique  ».

Notre cible principale a été les jeunes et ils ont participé nombreux et assidus jusqu’à la fin. Le colloque, qui a bénéficié d’une large couverture médiatique, a essayé de les réconcilier avec leur Terre, leur culture, leur patrie avec ses valeurs endogènes.

Six pays étaient représentés : l’Allemagne, la France, la Côte d’Ivoire, le Togo (dix jeunes), le Bénin et, dans une moindre mesure, le Nigéria.

Ci-joint quelques images et la synthèse des travaux. Bientôt les communications seront disponibles sur le site de l’association : cpcm-benin.org

Synthèse des travaux

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L’ouverture du colloque par Albert au centre, Lambert à sa gauche et Antoine à sa droite

Le colloque, tenu du vendredi 15 au dimanche 17 janvier 2016 à l’INFOSEC à Cotonou, a fustigé les crimes inadmissibles et abjects commis au nom de Dieu et d’intérêts sordides souvent inavoués ici et là dans le monde. Se référant à l’histoire, les participants ont reconnu que c’est un peu la particularité de certains monothéismes dits du livre tels que le christianisme et l’islam. Les choses commencent par le dénigrement et la diabolisation des religions du pays dites païennes, soi-disant idolâtres et polythéistes.

Le colloque adhère à ce propos de Bernard Maupoil : « Ne pas perdre de vue la remarquable tolérance religieuse pratiquée par les « vodounnon », les devins et les adeptes de tous les cultes du Bas-Dahomey. Les meilleurs auteurs s’accordent d’ailleurs pour reconnaître que le Noir est, "en règle générale, aussi éclectique et tolérant que croyant" » (La Géomancie à l’ancienne Côte des Esclaves, Paris, Institut d’ethnologie, 1936, rééd. 1988, p. 63).

Les participants au colloque, venus du Bénin, du Togo, de la Côte d’ivoire, de la France, de l’Allemagne et du Nigeria, se sont alors demandé très sérieusement si le temps n’était pas enfin venu pour l’Africain d’en finir avec les diabolisations et tous les conditionnements pour reconsidérer l’approche que ses ancêtres avaient de la religion, leur profonde humilité à eux qui ne se préoccupaient que du bien vivre sur cette terre et qui ne passaient pas leur temps à se disputer autour de certitudes sur Dieu (l’Inconnaissable) et sur l’au-delà ni à s’entretuer au nom de Dieu ou de Vérités prétendues immuables.

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Les participants venus de six pays

Le colloque a initié un nouveau format de dialogue qui a réuni autour d’une même table les pratiquants de la religion endogène africaine, ceux du christianisme et de l’islam d’une part et, d’autre part, des tenants de la laïcité (agnostiques, athées, libres penseurs, communistes, etc.) et a regretté l’absence de certains invités.

Les différents panels ont permis aux participants de voir que le développement de l’Afrique ne peut se réaliser qu’à partir de la reconnaissance des valeurs religieuses et culturelles africaines dont nous devons pouvoir être fiers, du vivre ensemble malgré nos différences d’opinions et de croyances et enfin de la promotion de la culture du développement, un développement qui prenne en compte nos réalités.

Pour entretenir et perpétuer l’esprit du colloque, les participants ont recommandé :

- la création de réseaux d’échanges sur la thématique du colloque (Facebook, Whatsapp…) ;

- la création d’un partenariat avec les hommes des médias ;

- le partage le plus large possible de l’idée de se parler entre les religions et à l’intérieur des religions mais aussi entre les religions et les laïcités ;

- le partage le plus large possible de l’idée de l’urgence du développement pour que la faim et le chômage ne fassent pas des jeunes des proies faciles pour les extrémistes de tout acabit : nos jeunes doivent être orientés vers un idéal patriotique ;

- l’Association « Chrétiens Pour Changer le Monde » (CPCM) se tient prête à rester un creuset pour recevoir les propositions et les suggestions pour le suivi des actions après colloque.

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Banderole portant les objectifs de l’association CPCM

Déroulement des travaux

RAPPORT DE LA 1ère JOURNÉE.

Le 1er panel nous a permis de retenir :
-  Le propos introductif d’Albert GANDONOU qui nous permet de prendre conscience de l’unicité de la race humaine, que nos langues sont des langues, que nos religions sont des religions et que nous devions en être fiers.
-  Quant à la 2ème communication présentée par M. Jean Kokou ZOUNON, elle nous montre à travers l’expérience de l’Institut International de Recherche et de Formation (INIREF) que nos sociétés avaient leur organisation, leur justice, leurs structures de sécurité et de santé, etc., que nous devons prendre en compte si nous voulons un développement réel.
-  La 3ème communication présentée par M. Raymond ASSOGBA a essayé de démontrer que nos croyances ne sont pas des religions, mais pratiques au sens d’Henri Atlan dans Croyances, des manières de vivre qui recèlent des valeurs dont nous devons prendre conscience.
-  Avec la 4ème communication, présentée par M. Koffi KOKO, nous devons réanalyser nos traditions. La croyance relève plus de la spiritualité que de la religion, et nous devons être fiers comme les chinois ou les japonais le sont à l’égard de leur culture. C’est cela qui fera de nos pays des endroits où il fera bon vivre pour nous.
-  Pour la dernière communication, celle de Sylvie CRUSSARD, l’Afrique doit trouver ses propres mots pour expliquer ses réalités aux autres et essayer de trouver son chemin vers son développement.
Les débats ont montré que nous ne nous intéressons pas suffisamment à nos traditions, à notre histoire, à notre culture.

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Le premier panel : de g. à dr, Koffi Koko, Jean Kokou Zounon, Albert Gandonou, Raymond Assogba et Sylvie Crussard

RAPPORT DE LA 2ème JOURNÉE.

La deuxième journée a commencé par la synthèse du 1er panel suivi d’un débat nourri qui a déjà permis d’aborder les préoccupations des deux panels de la 2ème journée, et montré la relation intrinsèque qu’il y a entre culture et développement. Mais afin d’en arriver là, il faut d’abord apprendre à vivre ensemble et s’accepter avec nos différences, différences d’opinion et de croyance. Et c’est à cela que s’est consacré le deuxième panel qui nous a permis de mieux connaitre qui sont les vodounsis, les communistes, les eckistes et dans une moindre mesure les francs-maçons.

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Banderole portant la devise de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus

En effet, la 1ère communication du deuxième panel qui a pour sous-thème « Œuvrer au vivre ensemble », a été présentée par Dr Armand ELISHA. Il nous a montré comment on confond, par ignorance, le vodoun avec le diable, avec le mal alors qu’il s’agit d’une religion comme toute autre avec une philosophie et un art de vivre propres à l’Afrique. Le communicateur a aussi essayé de nous présenter le panthéon vodoun avec ses caractéristiques et d’apporter des clarifications conceptuelles.

Quant à la 2ème communication, présentée par M. Jean Kokou Zounon, elle a permis de comprendre comment au Bénin, il est fait, et parfois par manipulation, un faux procès au parti communiste et aux communistes qu’on traite de ‘’violents’’ alors que c’est eux qui sont violentés. Elle nous a montré que les communistes sont des gens sensibles à la misère et aux souffrances des plus faibles à qui ils veulent ouvrir les yeux en leur apportant la connaissance qui les affranchira de ces maux. Pour finir, nous avons retenu aussi que les communistes sont des gens qui refusent le consentement à l’arbitraire, à l’injustice et surtout que le communisme est un processus qui part de la création et de la capitalisation de la richesse pour aboutir à une justice plus sociale.

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Banderole portant une citation de Cheikh Hamidou Kane, invitant les croyants à se remettre en cause

Quant à la 3ème et dernière communication de ce panel, présentée par M. Lambert Adanhounmè, elle s’est simplement contentée de montrer que malgré tout ce qu’on peut dire des francs-maçons, il s’agit d’hommes et de femmes qui ont aussi des valeurs et ont grandement contribué au progrès social.

Le débat qui a suivi ce panel, nous a renforcés dans la logique selon laquelle les différentes religions ou philosophies, avec leurs forces et leurs tares, peuvent nous permettre d’aller à l’essentiel, à la culture du développement.

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Les participants : vue partielle

Le 3ème panel intitulé « Promouvoir la culture du développement endogène », a été l’occasion pour M. Laurent METOGNON de nous parler de « Comment devenir nous-mêmes les acteurs de notre propre développement ? »
Après avoir défini le développement comme étant l’action de croître dans le temps, il a ajouté que cette croissance doit se faire sur la base de notre initiative et de nos réalités socio-économiques et culturelles sinon ce ne serait plus notre développement. Mais comme la colonisation nous a atteints dans notre identité et dans notre âme, cela devient alors très difficile. Il a par ailleurs invité la jeunesse à se lever pour se prendre en charge.
La seconde communication qui continue dans la même logique a posé des questions essentielles : « Qu’est-ce que le développement ? Qu’est-ce que le développement de l’Afrique ? Pourquoi nous développer ? Sommes-nous réellement pauvres ? »
A ces questions, le communicateur M. Antoine DZAMAH a essayé d’apporter des réponses. Pour lui, le développement, c’est avant tout la libération de la misère et cela doit passer par notre éducation qui n’est pas adaptée à nos réalités et qui perpétue les tares de la colonisation. Nous ne sommes pas pauvres, ce qui nous manque, c’est le sens de l’investissement et le patriotisme qui doivent faire de nous les vrais acteurs de notre devenir et nous permettre de nous mettre debout.

Téléchargements Fichiers à télécharger :
  • plaquette_distribuee_avec_les_cartons_d_invitation.pdf
  • 3.6 Mo / PDF
  • Communication d’Armand ELISHA, médecin nutritionniste, prêtre du Vodun_Qui sont les adeptes du Vodun ?
  • 39 ko / Word
  • COMMUNICATION de Jean Kokou ZOUNON, économiste statisticien, porte-parole du PCB
  • 81 ko / Word
  • COMMUNICATION de Lambert ADANHOUNME, professeur de français, membre fondateur et secrétaire général de CPCM
  • 29.9 ko / Word
  • COMMUNICATION de Madame Sylvie CRUSSARD, veuve AKODJENOU, historienne, spécialiste du peintre Paul GAUGUIN
  • 44.5 ko / Word
  • COMMUNICATION de Raymond ASSOGBA, socio-anthropologue, professeur de "Bologie" à l’UAC
  • 498.5 ko / Word
  • Programme du colloque
  • 31.5 ko / Word
  • SYNTHÈSE DES TRAVAUX
  • 67 ko / Word
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