COMPTE RENDU DU CAFE DU 27 JANVIER 2017 par Lambert ADANHOUNMÈ
Article mis en ligne le 25 février 2017

par L’administrateur
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Après la pause de décembre, nos cafés-rencontres ont repris avec la rencontre du 27 janvier 2017 qui a essentiellement porté sur le compte rendu de lecture du livre « Croyances. Comment expliquer le monde ? » (Paris, Ed. Autrement, 2014) du Professeur Henri Atlan, présenté par Albert GANDONOU.

Après les présentations, on est passé au premier point à l’ordre du jour qui a porté sur diverses informations. Albert GANDONOU a rendu compte à l’assistance de sa participation à la rencontre dénommée « Débat de Cotonou », organisée par l’AIMB ( Amicale des Intellectuels Musulmans du Bénin) sur le thème « La lutte contre la corruption : condition spirituelle pour le développement réussi des nations » qui s’est tenue le 14 janvier 2017 à la CCIB (Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin). Il a fait part de son intervention qu’il a fondée sur Le secret le mieux gardé du monde, de Aubert Mayer et qui lui a permis de montrer comment l’Afrique perd plus de 80 milliards de dollars tous les ans du fait de la corruption, surtout entretenue par les multinationales et les élites politiques. Il a aussi insisté sur l’hypocrisie de nos responsables religieux qui tirent aussi profit de cette corruption.
Par ailleurs, un appel du Secrétariat Permanent du Comité de Suivi de Concertation des Rois, Reines et autres Dignitaires traditionnels du Bénin et le Communiqué final de leur première session qui s’est tenue à Porto Novo, nous ont permis de prendre connaissance de leurs initiatives pour revaloriser nos us et coutumes, nos langues et nos cultures.

Au deuxième point, Henri ATLAN, à travers son excellent ouvrage « Croyances : Comment expliquer le monde ? », nous a fait découvrir que « ce que l’on appelle confusément "croyances religieuses" recouvre en fait un ensemble très différencié de mécanismes et de processus individuels et sociaux » (pp. 219-220). Sur cette base, il distingue quatre sortes de croyances : 1) les croyances d’ordre scientifique ; 2) les croyances pratiques (les cultes originels, souvent dits traditionnels et répandus partout y compris en Israël jusqu’au temps de Jésus et bien après, les rites sacrificiels de toutes sortes, etc.) ; 3) les croyances religieuses proprement dites (christianisme, islam et, dans une moindre mesure, judaïsme) : ici une profession de foi est exigée comme condition d’entrée ; ceci a commencé au IVe siècle dans le christianisme avec saint Augustin ; 4) les états de conscience modifiés où on perçoit des forces invisibles, par des voies mystiques classiques ou par absorption de psychotropes (ex. le yakoana chez les Yanomani) avec des transes et des rêves cf. les pratiques comme le chamanisme.

Les débats sur ce compte rendu de lecture ont été très riches et nous ont permis de mieux comprendre, entre autres, une des théories du professeur Raymond ASSOGBA, qui montre que le vodun et ce qu’il appelle « nos Djowamon » ne constituent pas des religions à proprement parler. Cette théorie, éclairée par la démonstration du professeur Henri ATLAN, nous a aussi permis de comprendre pourquoi les Africains qui sont dans les religions importées n’arrivent pas à se détacher de nos « pratiques ancestrales ». Malheureusement, ces pratiques ont été indûment diabolisées par le colonialisme et tout le système sournois de domination qui s’en est suivi et que nous subissons encore.

Enfin, les débats nous ont aussi fait prendre conscience de l’essentiel : la tolérance ; car l’intolérance est le fait de l’inculture et de l’ignorance. La séance s’est achevée sur un cocktail.

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