COMPTE RENDU DES MANIFESTATIONS DU 10e ANNIVERSAIRE DE CPCM (SUITE) : 2e manifestion
Article mis en ligne le 5 novembre 2009

par L’administrateur
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Thème général des manifestations du 10e anniversaire : "Proposer la bonne nouvelle de la scandaleuse miséricorde du Dieu de Jésus, dans le respect des peuples et de leurs religions".

Deuxième manifestation

II- Les 17 et 18 février 2007 à Lomé (TOGO) : Colloque international sur le thème : « Être chrétien sans se couper de ses racines et de sa culture, est-ce possible ? », organisé en partenariat avec Fondacio au Centre « Christ Rédempteur » de l’archevêché de Lomé.

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Centre Christ Rédempteur (Lomé au Togo)

Avec ce thème, il n’a pas été possible d’éviter de heurter bien des gens parmi le public formé de cadres, d’intellectuels, d’hommes politiques (un ancien président d’assemblée nationale, une ancienne ministre…), d’étudiants, etc., bref de lettrés en français. Pour la plupart des chrétiens, en Afrique, se convertir au christianisme, c’est renier ses racines et, tout particulièrement, la religion de ses ancêtres acceptée comme satanique, idolâtrique, pécheresse. Par le baptême, on s’est mis à part, on s’est assuré le salut éternel en Jésus-Christ. Devant la vive indignation des gens, cette parole de Jean Sulivan dans le film de Patrice Chagnard, La flûte de Jean Sulivan, est remontée dans la conscience de certains d’entre nous : « Souvent pour faire du bien, il faut commencer par faire mal ». Le débat s’est donc très vite animé en suivant les trois directions suivantes :

1) Comment évangéliser des gens que l’on méprise, sur lesquels on nourrit des préjugés, qu’on ne connaît pas, qu’on évite comme la peste ? Comment penser d’un homme qu’il n’y a pas le divin (l’esprit du Dieu de Jésus) en lui du simple fait que personne ne lui a jamais parlé d’une certaine religion appelée christianisme ou qu’il a refusé d’y entrer par fidélité aux traditions de ses ancêtres, à l’instar d’ailleurs de Jésus qui a pratiqué le judaïsme de ses pères toute sa vie durant ? Sait-on que parmi les premiers chrétiens, les judéo-chrétiens ont continué à fréquenter la synagogue jusqu’au IIe siècle ?

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A l’avant-plan, Antoine Dzamah de Fondacio ; à l’arrière-plan, Victoire Elègbè de CPCM

2) Ce que nous possédons avec tant de fierté, le christianisme, qu’est-ce que c’est en son fond ? Si c’est une religion, n’est-ce pas, comme partout, une affaire de sacrifice et de sacrificateurs, de lois et d’interdits, de choses sacrées (reliques, ossements…) et de gens sacrées ? Et si ce n’est que cela, en quoi est-ce différent fondamentalement de ce que vivent les autres, les païens ? Ou bien la religion chrétienne est-elle supérieure du simple fait qu’elle nous vient des Blancs ? N’avons-nous pas là une attitude comparable à celle que nous avons à l’égard de nos langues africaines ? Elles ne seraient pas des langues, c’est le français ou l’anglais qui le seraient, au grand dam de ce que la linguistique enseigne depuis bientôt cent ans, depuis Ferdinand de Saussure… Et si la religion n’était qu’un produit de la culture, chaque communauté humaine se donnant la sienne ou les siennes ? Et si la foi en Jésus-Christ était tout autre chose ? Et si, bien comprise, elle n’avait rien contre la culture et les traditions d’aucun peuple ? A cette étape, l’extrait suivant a été lu d’un discours du pape Alexandre VII : « Ne mettez aucun zèle, n’avancez aucun argument pour convaincre ces peuples de changer leurs rites, leurs coutumes et leurs mœurs, à moins qu’elles ne soient évidemment contraires à la religion et à la morale. Quoi de plus absurde que de transporter chez les Chinois la France, l’Espagne, l’Italie ou quelque autre pays d’Europe ? N’introduisez pas chez eux nos pays, mais la foi qui ne repousse ni ne blesse les rites et les usages d’aucun peuple, pourvu qu’ils ne soient pas détestables, mais bien au contraire veut qu’on les garde et les protège. Il est pour ainsi dire inscrit dans la nature de tous les hommes d’estimer, d’aimer, de mettre au-dessus de tout au monde les traditions de leur pays, et ce pays lui-même. Aussi n’y a-t-il pas de plus puissante cause d’éloignement et de haine que d’apporter des changements aux coutumes propres à une nation, principalement à celles qui y ont été pratiquées aussi loin que remontent les souvenirs des anciens. Que sera-ce si, les ayant abrogées, vous cherchez à mettre à la place les mœurs de votre pays, introduites du dehors ? Ne mettez donc jamais en parallèle les usages de ces peuples avec ceux de l’Europe ; bien au contraire, empressez-vous de vous y habituer. Admirez et louez ce qui mérite la louange. Pour ce qui ne la mérite pas, s’il convient de ne pas le vanter à son de trompe comme le font les flatteurs, vous aurez la prudence de ne pas porter de jugement, ou en tout cas de ne rien condamner étourdiment ou avec excès. » (Instruction aux premiers vicaires créés par le Saint-Siège. 1659).

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Le gâteau d’anniversaire

3) Et si devenir chrétien, c’est-à-dire disciple de Jésus, c’était tout simplement rester où l’on est, dans sa culture en évolution, mais changer de comportement, devenir miséricordieux, capable de pardon, de compassion pour les malheureux et de partage ? Partage d’avoir, de savoir et de pouvoir. Ce dernier ne se partage pas, dit-on. C’est sans doute vrai en un sens. Mais n’est-ce pas le partager que de l’utiliser non pour opprimer son prochain mais pour le servir, aider à l’épanouissement des gens, à l’amélioration de leurs conditions de vie. Et si, contrairement à ce qu’on nous a toujours dit de la mort de Jésus, à la suite de Paul et de certains passages du Nouveau Testament, cette mort n’était pas à comprendre dans une perspective sacrificielle mais plutôt comme le don gracieux que Jésus fait de sa vie pour ses amis et un exemple qu’il nous donne pour que nous fassions de même à sa suite, lui qui a dit cette parole : « Je suis venu pour servir et non pour être servi » ? Il n’est pas venu se faire immoler à notre place, à nous pécheurs, pour apaiser une certaine colère de Dieu. Son Dieu est au contraire un Dieu d’amour et de miséricorde, qu’il nous demande d’appeler Abba. Et si sa bonne nouvelle se résumait à cela, n’y a-t-il pas avantage à la répandre parmi tous les hommes, sans exception, pour que nous ayons enfin un monde plus solidaire et plus fraternel ? Que faisons-nous en Afrique pour cela ? Jésus n’est-il pas devenu au contraire un simple fonds de commerce en ces temps où toutes sortes d’Eglises évangéliques et autres prolifèrent sur fond de dénigrement et de diabolisation des religions traditionnelles africaines ? Se rappeler ce mot de Jean Sulivan : « On ne peut pas annoncer l’Evangile et faire carrière dedans ».

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De g. à dr., Albert Gandonou, Sylvie Crussard et Guy Leurquin

Victoire Elègbè, Sylvie Crussard, Martine Roger-Machart, Guy Leurquin, Maurice Dahuku Péré et Albert Gandonou ont été les principaux animateurs de ce colloque, le troisième que Chrétiens pour changer le monde organise à Lomé depuis sa création en 1997. Il leur a fallu beaucoup de pédagogie pour réaliser le consensus autour des quatre points suivants :

- On ne demande à personne de retourner à la religion de ses ancêtres, si le cœur ne lui en dit pas. La religion est aussi une affaire d’éducation, de culture individuelle. Mais de reconnaître la culture et la religion de ses ancêtres comme une vraie culture et une vraie religion humaines. Mais de les connaître, de ne pas en parler sans les connaître. Pour transformer quelque chose, - sa culture, par exemple -, il faut commencer par le connaître. Pour critiquer le judaïsme, Jésus a commencé par le connaître de l’intérieur.

- Ce qui a été dit sur l’unité de l’esprit humain devrait nous libérer pour voir, reconnaître l’homme partout, agissant presque pareillement partout, et lui parler du message de Jésus qui s’adresse à tout homme et l’invite à changer de comportement.

- La sorcellerie est ou a été partout : ne pas réduire l’Afrique traditionnelle à cette étiquette ! Chez nous comme ailleurs, elle passera. La corruption est une pratique humaine qu’on retrouve sous divers cieux et donc rien de spécifiquement africain : dire à l’homme, à commencer par soi-même, que ce n’est pas bien, qu’il faut trouver, comme Zachée, le moyen d’en sortir.

- Penser de quelqu’un qu’il ne connaît pas le vrai Dieu et que c’est tant pis pour lui et que pour cette raison il ne sera pas sauvé, cela ne veut rien dire en réalité. D’abord qu’entendons-nous par « être sauvé » ? Gagner le paradis céleste en se désintéressant de la vie présente, du monde présent ? Impossible de croire ça avec Jésus ! Ensuite, il n’y a pas plusieurs Dieux et ce que nous pensons là et qui est une forme d’exclusion ne concerne pas le Dieu de Jésus qui est miséricordieux et a une prédilection scandaleuse pour les brebis supposées perdues !

Forum
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COMPTE RENDU DES MANIFESTATIONS DU 10e ANNIVERSAIRE DE CPCM (SUITE) : 2e manifestion
- le 6 décembre 2011

Je trouve votre site en effet captivant. Je pense que je vais revenir quand j’aurais l’envis pour decouvrir vos revue.

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COMPTE RENDU DES MANIFESTATIONS DU 10e ANNIVERSAIRE DE CPCM (SUITE) : 2e manifestion
- le 16 juin 2011

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COMPTE RENDU DES MANIFESTATIONS DU 10e ANNIVERSAIRE DE CPCM (SUITE) : 2e manifestion
Elegbe Martial - le 26 janvier 2011

Dieu bénisse ton ministère Tantie. Bisou



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