CAFÉ RENCONTRE DU 30 MARS 2018 : INVITATION et COMPTE RENDU
Article mis en ligne le 23 mars 2018
dernière modification le 20 avril 2018

par L’administrateur
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Notre année académique va, à partir du 6e café-rencontre, entrer dans une nouvelle phase. Les quatre rencontres mensuelles qu’il nous reste vont être consacrées à l’écoute, dans le respect, de notre diversité. Nos différences loin de nous disloquer, de nous diviser, doivent contribuer à nous faire réfléchir davantage, à nous enrichir, à nous faire croître davantage dans la voie personnelle qui est la nôtre, et fortifier nos liens. Deux ouvrages nous y aideront. Le premier nous est envoyé et donné par notre amie Martine Roger-Machart de la paroisse Saint Merri de Paris. Il est intitulé : « Je crois en Dieu ! – Moi non plus : Introduction aux principes du dialogue interreligieux » et a pour auteur le P. Jean Druel, spécialiste de patristique copte et de la langue arabe, directeur de l’Ideo, l’institut dominicain d’études orientales au Caire, en Égypte. Le second a pour titre : « L’amitié ». Il est de Mgr Jean-Paul Vesco, évêque d’Oran, et est un cadeau de notre ami, Antoine Girin, qui habite Villars dans le Vaucluse en France. Les deux ouvrages ont été publiés en 2017.

Le vendredi prochain, 30 mars 2018, vendredi saint pour les chrétiens, notamment les catholiques, Mme Suzanne Amoussou, épouse Kouessi, nous aidera à inaugurer cette nouvelle phase. Elle a accepté de partager avec nous la riche expérience qu’elle fait de la vie spirituelle depuis de nombreuses années. Ce sera de 16h à 18 h, à l’Institut Universitaire du Bénin (IUB), à Aïdjèdo, sur le pavé reliant le Centre d’Accueil à l’école primaire de Jéricho. Tél. 21 32 81 97 Cell. 97 47 72 90 (Cotonou).

Que ceux qui peuvent être physiquement présents viennent nombreux à la rencontre. Il s’agit d’une occasion exceptionnelle, pour chacun de nous, d’apprendre l’écoute respectueuse de l’autre, l’acception de l’autre dans sa différence, d’enrichir notre spiritualité et de renforcer notre volonté de vivre ensemble dans la paix.

C’est le lieu de rappeler que pour CPCM la spiritualité, la vie intérieure, peut prendre différentes formes. Elle peut être avec Dieu, avec des dieux ou sans Dieu. Elle peut se pratiquer à l’intérieur d’une expérience religieuse ou en dehors de toute religion.

Bien à chacun de vous.
Albert

COMPTE RENDU DU CAFE RENCONTRE DU 30 MARS 2018

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L’écoute respectueuse de l’autre

Le café rencontre de mars 2018 nous a donné l’occasion d’écouter notre amie, Madame Suzanne Amouzou Kouessi . Elle a partagé avec nous son expérience spirituelle. Elle était tranquillement catholique pratiquante, jusqu’au jour où elle a été mise en route par un prêche de son curé, particulièrement malveillant. Le curé l’a dénigrée en pleine église pour l’avoir trouvée, elle, femme, en train de militer à l’UGEED, syndicat patriotique et anti-impérialiste d’élèves et d’étudiants, et de faire grève aux côtés de ses camarades de classe. Prenant conscience que la mission de l’Église est de protéger et de défendre les puissants au détriment des petits et des pauvres, elle a décidé d’aller voir ailleurs. Elle n’était alors qu’en classe de 4e. Ayant intériorisé la diabolisation des valeurs de civilisation africaine, par la hiérarchie de l’Église catholique, elle était habitée par la peur des sorciers et du village.

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Au 1er plan et de profil, le professeur d’archéologie Alexis Adandé, stupéfié par la peur des intellectuels béninois envers leurs villages et leurs traditions ancestrales, au contraire des Sénégalais ou même des Ivoiriens

Bien plus tard, en quête de protection, après la perte douloureuse de son premier enfant, elle a adhéré à un ordre mystique appelé École Transcendantaliste Universelle (ÉTU), dont lui a parlé un proche. Elle voulait aller au-delà de la croyance religieuse, s’approcher de Dieu et des anges, mieux se connaître elle-même, connaître ses ressources spirituelles secrètes, découvrir la présence de Dieu en elle et lui demander la paix intérieure.

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En chemise blanche, vu de dos, Rolland Oyédélé, prenant note des interventions au cours du débat nourri

Une crise, survenue au sein de la direction de l’ÉTU, l’en fera sortir. Un parent lui parle alors de la Rose-Croix AMORC. Elle y entre en 2001. Il s’agit d’un cadre plus large, plus ancien. Comme l’ÉTU, c’est un ordre mystique, c’est-à-dire une gnose, au sens de philosophie éclectique, qui cherche à concilier toutes les religions et à en expliquer le sens par une connaissance ésotérique, initiatique. Selon cette philosophie, il est possible de connaître les choses divines. On y pratique la prière et la méditation. Par l’étude de monographies, on développe sa spiritualité, on enrichit ses connaissances (« l’arbre de vie », les lettres hébraïques, etc.), on apprend les grandes vertus telles que l’humilité, la compassion et le pardon. Pour conjurer en elle la peur des sorciers, elle est munie de « mots de puissance ». Elle a pu, à plusieurs reprises, mettre en déroute des chats, des margouillats et des hiboux, instruments des sorciers, qui venaient parfois troubler sa quiétude la nuit ou parfois le jour. Elle a déjà parcouru plusieurs étapes : le « pronaos », l’entrée en matière, et plusieurs des douze degrés du parcours initiatique de la Rose-Croix. La devise de la Rose-Croix est : « La plus grande tolérance dans la plus grande indépendance ».

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Le mari de Suzanne, le politologue Gilbert Kouessi, de profil, exprimant pudiquement sa satisfaction et sa fierté

Cependant, elle sait gré à son mari, Gilbert Kouessi, qui en 2016 l’a introduite à CPCM, où elle a rencontré des personnalités qui l’ont beaucoup marquée : Dr Armand Elisha retourné au culte du Vodun, les professeurs Raymond Assogba, Alexis Adandé, Albert Gandonou, parmi beaucoup d’autres.

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On peut distinguer les profs Alexis Adandé, assis à un bout de la table, Albert gandonou, assis à un autre bout et Raymond Assogba, coiffé d’un chapeau au fond à gauche

C’est l’association CPCM qui l’a amenée à se réconcilier avec cette part d’elle-même qu’est la culture et la religion africaines. Elle a pu retourner dans son village natal, manger avec les siens, consulter le Fa, faire les sacrifices nécessaires.

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Du fond vers le 1er plan, la musulmane Sita Diabaté Gandonou, la main au menton, assise près des catholiques pratiquantes Josiane Grah et Jeanne Fagbédji

Elle s’est réconciliée aussi avec cette part d’elle-même qu’est l’Église catholique, aidée en cela par un membre éminent de l’association CPCM. En somme, nous avons eu droit à une belle prestation de notre amie, Madame Suzanne Amouzou Kouessi. Nous avons trouvé en elle une femme debout, libre, courageuse et sincère. Elle a osé chercher sa voie et s’y engager avec détermination mais aussi beaucoup de lucidité. C’était beau de l’entendre dire à la fin de son témoignage que Dieu, nous allons souvent le chercher à l’extérieur, alors qu’il est au-dedans de nous.

Un débat nourri a suivi ce généreux partage.

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Au fond sous la banderole, Mme Suzanne Amouzou Kouessi, pendant le débat

En divers, lecture a été donnée d’une invitation que nous a fait parvenir Dr Saliou Latoundji, Président de l’Association Internationale Soufie Alawiya-Bénin (AISA-Bénin), pour participer à une réunion préparatoire de la Journée Internationale du Vivre Ensemble en Paix (JIVEP) instituée par les Nations Unis, le 8 décembre 2017, et fixée au 16 mai de chaque année.

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Communiqué de l’Association Internationale Soufie Alawiya (AISA)
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Résolution de l’ONU créant la JIVEP
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Résolution de l’ONU créant la JIVEP (suite)
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Résolution de l’ONU créant la JIVEP (fin)

Séance tenante, M Armand Adanhounmè a été désigné, à l’unanimité, pour représenter l’association CPCM à cette réunion prévue pour le samedi 7 avril de 10 h à 12 h au quartier Zongo à Cotonou. Il s’y rendra muni de l’original de l’invitation ci-après.

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L’invitation de l’AISA-Bénin à CPCM p.1
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L’invitation de l’AISA-Bénin à CPCM p.2
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Armand Adanhoumé, en rouge et de profil. Il représentera l’association les 6 et 21 avril 2018 aux réunions préparatoires de la Journée Internationale du Vivre Ensemble en Paix

Il a été retenu par ailleurs que le vendredi 27 avril 2018 ce sera au tour du Professeur Raymond Assogba de nous faire part de son expérience en matière de recherche spirituelle.
Le café rencontre s’est terminé bien après 19 h par la traditionnelle et fraternelle collation.

Albert GANDONOU

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