Les religions traditionnelles et la foi en Jésus-Christ [Bulletin CPCM n° 20 du 27 novembre 2004 ISSN : 1659-5114]
Article mis en ligne le 8 novembre 2009
dernière modification le 12 novembre 2009

par L’administrateur
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« Chrétiens pour changer le monde » a lancé une nouvelle activité le 30 octobre 2004. Il s’agit d’un café littéraire et philosophique, dénommé « Café-Rencontres » et qui aura lieu tous les mois, le dernier samedi, de 10 h à midi. Le tout premier, celui du 30 octobre, a connu un vif succès par la qualité des échanges et la diversité des participants venus de Cotonou, de Ouidah et de Porto-Novo (cadres de l’administration, professeurs, théologiens, étudiants, intellectuels catholiques et protestants,…). Nous consacrons le présent numéro à la publication de la synthèse des débats. Notre mouvement travaille depuis quelques temps à établir la jonction avec les intellectuels traditionnels (guérisseurs, devins, prêtres des religions ancestrales) avec lesquels nous organisons des échanges dans les langues de chez nous. C’est à leur intention qu’un résumé de la synthèse des débats est proposé également en goun, en nagot et en mina. Nous disons un grand merci au quotidien « La Nouvelle Tribune » qui a bien voulu publier cette synthèse avant nous en son édition du 4 novembre 2004.

LA REDACTION.

Synthèse des débats

Après une brève présentation de l’association des Amis de Jean Sulivan et du mouvement « Chrétiens pour changer le monde » qui n’est ni un parti politique ni une Eglise en gestation mais un cadre de libre réflexion, les participants, au nombre de trente-cinq, ont pris connaissance des trois textes qui tracent en quelque sorte le cadre du café rencontres, café littéraire et philosophique :

- Jean Sulivan, « Que la parole pénètre ton cœur avant d’être dans ta bouche » in
Matinales 1 Itinéraire spirituel, Paris, Gallimard, 1976, pp. 147-149.

- Marcel Légaut, « Le renouvellement de la Cène devint rapidement un culte » in Introduction à l’intelligence du passé et de l’avenir du christianisme, Mirmande, Association culturelle Marcel Légaut (ACML), 1997, pp.304.

- Marcel Légaut, « L’exigence de pureté morale prit le pas sur l’exigence spirituelle du souvenir. » in Op. cit, pp. 304-305.

Puis ils sont entrés de plain-pied dans le vif du sujet.

1) Qu’est-ce qu’une religion ? C’est un « système de croyances et de pratiques, impliquant des relations avec un principe supérieur, et propre à un groupe social. » (Petit Robert). Un fait culturel donc.

- A un peuple donné sa ou ses religion(s) et sa ou ses langue(s). Pas de peuple sans religion.

- Oui à la diversité religieuse, comme à la diversité linguistique et culturelle. Toutes les religions se valent et sont respectables. Ne pas diaboliser les religions des autres.

2) En quoi consiste ce qu’on peut appeler « la religion établie » ? Toute religion établie a pour base ce qui fait habituellement, traditionnellement, une religion ; elle se conforme aux normes traditionnelles en matière de religion : des lois, des interdits, des offrandes de sacrifices, des prêtres au pouvoir occulte et sacré, et qui, servant à l’autel, doivent vivre de l’autel, des temps sacrés, des lieux saints, des récompenses, des sanctions… « Car quelle religion ne connaît pas des temps sacrés, des lieux saints et des temples, chers à la mémoire de la communauté et auxquels, en pèlerinage, elle aime à revenir comme à une source, des liturgies plus ou moins savantes, transmises de génération en génération et sur lesquelles veillent jalousement des prêtres et des ministres que leurs fonctions sacralisent et rapprochent du monde divin, des règles et des codes qui donnent à la vie ses normes et déjà la sanctifient ? » (René Luneau, Jésus, l’homme qui évangélisa Dieu, Paris, Seuil, 1999, p.208.)

- Les religions autochtones africaines répondent parfaitement à ces normes.

- Mais aussi l’Islam.

- Le christianisme, tel, en tout cas, qu’il nous a été légué par l’Occident, est aussi une religion traditionnelle, avec cette particularité qu’il est un montage artificiel, forgé qu’il est avec des matériaux de récupération empruntés aux religions auxquelles il s’est substitué autrefois dans l’empire romain. Ex. La Vierge noire, forgée par la nostalgie d’Isis, d’Athéna, d’Artémis ou de Diane (Voir Laetitia D’Ornano, 2003, Has the archetype of the Black Madonna a role to play in reconciling spirit and matter and healing the split between humans and nature ? mémoire de maîtrise) et qui remplit le rôle d’élément divin féminin aux côtés de l’ancestral Dieu masculin du christianisme, lui-même hérité du judaïsme. On peut, dans cette perspective, comparer Marie à Mawou dans le panthéon fon au sud du Bénin. C’est l’élément féminin du couple divin qui seul est invoqué au quotidien où personne ne parle de Sègbo Lissa, l’élément masculin. C’est le même montage artificiel qui se poursuit chez nous avec l’ « inculturation » (P. Barthélemy Adoukonou). Cf. "Le catholicisme n’a jamais atteint, ni dans le passé ni aujourd’hui, la plénitude du vieux symbolisme païen" Jung. Ce jugement est valable pour l’ensemble du christianisme.

3) Jésus est resté, jusqu’à sa mort, fidèle au judaïsme, la religion de ses pères. Joseph Klausner (premier grand historien juif de Jésus dans les années 1920) « a écrit que Jésus est né et mort juif ». Il n’a pas fondé de religion. Il pouvait faire entière confiance aux hommes dans ce domaine : ils sont des créateurs hors pair de religions, et cela de tout temps et en tout lieu. Jésus « n’a jamais voulu créer une nouvelle religion mais faire une grande réforme du judaïsme. Pour moi, Jésus est un merveilleux dissident juif ». (Amos Oz, lors du "Club de presse des religions", le 14 mars 2004, Témoignage Chrétien n° 3100, cité dans Témoignage Chrétien n° 3102, p 17). Jésus, en effet, « manifeste une liberté, qui a scandalisé les hommes religieux de son temps, à l’égard de ce qu’on peut appeler “la religion établie” » (Claude Tresmontant, L’enseignement de Ieschoua de Nazareth, Seuil, 1970, p.119).

A la pentecôte, chaque peuple a reçu dans sa langue maternelle le message transmis en araméen par les apôtres d’origine galiléenne (Actes 2, v.7-8).

- « Comment accepter (…) cette affirmation première, constitutive du message chrétien, qui tient pour assuré que chaque homme, dans la singularité de sa langue et de sa culture, peut entendre et recevoir le message de l’Evangile, en sa teneur essentielle de « bonne nouvelle du salut », sans être pour autant contraint d’abandonner l’univers culturel qui est le sien ? » (René Luneau, Op. cit, p.234).

- Le christianisme ne connaît pas de langue sacrée.

- La bonne nouvelle de Jésus-Christ, il devrait être possible de l’entendre tout en gardant sa culture, c’est-à-dire sa langue, sa religion, ses traditions ancestrales…

4) Jésus est venu nous manifester la miséricorde de Dieu, nous révéler un Dieu inattendu, inconnu des hommes. Rien à voir avec le Yahvé qui « ne laisse rien impuni et châtie la faute des pères sur les enfants et les petits enfants jusqu’à la troisième génération » (Ex 34, v 7). Rien à voir avec le « Dieu du maintien de l’ordre » que nous savons tous bien inventer pour les besoins de toutes sortes de causes. « Les juifs connaissaient la grâce de Dieu, mais elle n’était pour eux qu’une dimension de Dieu parmi d’autres, alors que, pour Jésus, c’est elle qui confère à l’image de Dieu sa couleur et ses contours. » (H. Zahrnt, Jésus de Nazareth. Une vie, Paris, Seuil, 1996, p. 119). La miséricorde, c’est le pardon, bien sûr, mais c’est aussi la compassion pour le malheur d’autrui et qui incite à l’action pour changer l’ordre du monde. Jésus, c’est la mise en pratique de la miséricorde dans cette double acception et l’invitation adressée à tout homme de bonne volonté à faire comme lui et comme Dieu, l’Abba, le Papa des papas : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » (Lc 6, v 36). A ce signe, on vous reconnaîtra pour mes disciples, à l’amour que vous avez les uns pour les autres" : Partage du savoir, de l’avoir et du pouvoir (Cf. le lavement des pieds, Jn 13, v.4-17). « Je vous ai donné un exemple pour que vous agissiez comme j’ai agi envers vous » (J, 13, v.15).

Telle est pour « Chrétiens pour changer le monde », la bonne nouvelle de Jésus-christ. Lire notre manifeste publié, à Abidjan, en février 2004. « Évangéliser, c’est annoncer quelque chose de nouveau qui est un bonheur pour les hommes » (Joseph Comblin). « Jésus est ce qui arrive quand Dieu parle sans obstacle dans un homme » (Jean Sulivan, Matinales 1. Itinéraire spirituel, Paris, Gallimard, 1976, p.146). « On peut ne pas croire Jésus, dire qu’il est allé trop loin et que d’autres religions sont heureusement plus sages. Mais là est l’Evangile, la « Bonne Nouvelle ». Pour elle, Jésus donnera sa vie, et sa mort » (René Luneau, Op. cit. p.198).

C’est faute d’avoir pris en compte le visage maternel de Dieu que Jésus nous révèle qu’il y a chez les catholiques, au sujet de la Vierge Marie, cette dérive énorme, qui tient plus du paganisme que de l’Evangile. On proclamera peut-être un jour un cinquième dogme pour la faire co-rédemptrice du monde ! C’est la communauté des hommes de bonne volonté mettant en pratique la miséricorde, communauté aux frontières invisibles, c’est elle qui sauve le monde avec Jésus.

Oui, Jésus a mis à mal la tradition religieuse. Mais le scandale et la folie « ne viennent pas de ce que Jésus attaquait la religion de son peuple. Il n’était pas le seul. Mais ils viennent de ce qu’il brouillait, cassait et, à mon sens, de ce qu’il continue de casser, de brouiller, les repères auxquels les gens religieux ont coutume d’accorder leur confiance » (Joseph Moingt cité par René Luneau, Op. cit, p.197). « Son propre commentaire de l’Ecriture prend quelques libertés avec ce qu’on entend d’ordinaire. En outre, ce qu’il dit du Temple dont il annonce la destruction, du sabbat, fait pour l’homme et moins grand que lui, du sacrifice auquel il oppose la miséricorde, de la Loi dont il ne méconnaît pas l’importance mais qu’il affine bien au-delà de sa lettre même, tout cela risque à terme de fragiliser grandement l’édifice religieux qui offre au peuple d’Israël le socle de son identité et le différencie de tous les autres peuples. Le Temple, le sabbat, le sacrifice, la Loi sont des colonnes maîtresses de la maison d’Israël auxquelles on ne peut toucher impunément : chacune d’elles est fondée sur l’autorité même de Dieu. Jésus ne le sait-il pas ? » (René Luneau, Op. cit, p.200-201). Il sera mis à mort par les hiérarques de la nation juive en application des prescriptions du Deutéronome [Dt 13, v 2-6 et Dt 18, v 20], parce que « la liberté de sa parole et de sa recherche de Dieu déstabilisait les pratiques religieuses trop assurées d’elles-mêmes ; elle détournait le cours des traditions religieuses reçues et acceptées. » (René Luneau, Op. cit., p.198-199).

L’Evangile ne dit pas que les religions traditionnelles sont illégitimes et sans valeur. « Il dit seulement que cela ne doit pas être tenu pour un absolu, que l’idolâtrie peut ressurgir partout, et que la Loi n’est pas plus grande que l’homme qu’elle doit éduquer et faire grandir. Dieu seul est Dieu. L’important n’est plus, n’est pas, Jérusalem ou le Garizim mais l’homme qui adore en esprit et en vérité. » (René Luneau, Op. cit, p. 210).

Non, Jésus n’est pas mort pour nos péchés. Que veut dire d’ailleurs cela ? « Un Dieu fait mettre à mort un Dieu pour apaiser sa colère. Certes elle (la théologie) nous dit en même temps qu’il s’est humilié, mais enfin malgré toutes les nuances et distinctions, il tire les ficelles en donnant l’étrange image d’une justice et d’un amour vindicatifs » (Jean Sulivan, Op. cit., p. 127). Un Dieu auquel il faut le sang de son propre fils pour apaiser son long courroux ! Ce Dieu-là n’a rien à voir avec le Dieu de Miséricorde révélé par Jésus.

« Paul a éprouvé intensément la nécessité de quitter l’abri que donnait la soumission à la loi, dans la claire conscience que la loi, expression de l’amour, était aussi l’obstacle. Il l’a dit dans des pages fulgurantes. Mais nos racines nous suivent, même lorsqu’on est passionnément soucieux d’intériorité comme il le fut. Sa pensée, pour une part, est retombée dans les archaïsmes mosaïstes, si bien qu’en refoulant la loi juive fondée sur la puissance, il lui substitue une loi du même type… Peu à peu, au cours du temps, l’accent sera mis sur la croyance, les rites, la loi et le miracle. » (Jean Sulivan, Matinales 1. Itinéraire spirituel, Paris, Gallimard, folio, 1976, p.149).

Cf. texte de Marcel Légaut : la Cène est devenue un véritable sacrifice, un culte : « L’activité du souvenir qui n’avait pas pu se développer à la lumière de la foi, faute d’un approfondissement humain suffisant, fut remplacée par l’exercice de l’obéissance, sous l’égide de la doctrine. »

RESUME EN GOUN

Tito « Jesu yiyise nugbotɔn byɔ ɖɔ ye ni ɖyɔ gbε lɔ sɔn ɖe ete »
Kpikpli sun zan gbantɔ sun awo tɔ oxwe 2004 tɔn
ɖe ye basi to wexɔmε ɖaxo kplɔn yi ji alavɔ ɖe ye nɔ ylɔ do yovogbe mε ɖɔ :Institut Universitaire du Bénin (IUB) to Ayijεdo to Kutɔnu.
Xo ze do agun : « Jesu yiyise kpo sinsεn lε kpo »

1) Etε ye nɔ ylɔ ɖɔ sinsεn ? Nu yise, nu mεsεn, nuwiwa tεnmε tεnmε ɖe mε xoxo lε ɖo ayi bo nɔ do xia ɖɔ nu xú nu tin to gbε mε.

- To ɖe ma tin, akɔta ɖe matin bo ma tindo sinsεn etɔn kabi sinsεn etɔn lε.

- Dandan, sinsεn lε ɖo na su to ayihɔngbεmε. Ye ɖo na jo akɔta ɖokpo ɖokpo do kpo sinsεn etɔn lε kpo, kpoɖɔ kpo gbe etɔn lε kpo. Sinsεn ɖe ma tin to nunkɔn na ɖe, ɖile ogbe ɖe ma tin to nunkɔn na ɖe ɖo. E ma jε na ye ni kɔn ma sin do nɔzo mεtɔn sin sinsεn go, do akɔta devo sin sinsεn kabi sin ogbe go gba. Sinsεn ɖe ma tin bo nyi aovi tɔn gba. Nu sinsεn mitɔn, nu sisi mitɔn wε nyi Lεgba.

2) Wuntun ɖetε lε wε nɔ do nu e nyi sinsεn lε xia, sɔn dohwenu kaka do jε egbe ? Ye nɔ mɔ osεn lε, osu lε, avɔsinsan kpo avɔsan nu lε kpo, ye nɔ mɔ hunnɔ lε kpo acε tεnmε tεnmε kpo ; sinsεn ɖo na tindo yεwexɔmε kpo sinsεnzangbe kpo ; mɔ ɖokpolɔ sinsεn ɖo osεn bo nɔ sa do mε e gba hun kabi mε e ma nyi vodunsεn…

- Wuntun enε lε kpo wε sɔgbe to mεyu sin sinsεn lε mε.

- Ye mɔ nɔ ba ye kpo to Male sin sinsεn mε.

- Wuntun enε lε ɖokpolɔ jan wε zɔn bɔ nu ɖe yovo lε hεn wa na mi ɖɔ sinsεn Jesu tɔn lε to sinsεn nyi. Ye sin gan jrε tεn e mε Malya te to Katoliki mε do tεn e mε mεxo mitɔn lε ze Mawu (e ma wu) do to sinsεn mitɔn lε mε. Nyikɔ etɔn yi aga bɔ ye nɔ ml’εn xu Sεgbo Lisa.

3) Ye na do ɖɔ xo nugbo, Jesu ma ɖo sinsεn ɖe ayi. Tɔgbo tɔgbo etɔn lε sin sinsεn mε wε e nɔ kaka do ku. Sinsεn enε, e gbε tin kaka jε egbe : Ju lε sin sinsεn wε. Bɔ hwenu e na Gbigbowiwe jεte wa wεnsagun Jesu tɔn lε ji te, xo e ɖɔ ye te na togun e wa sɔn tota tεnmε tεnmε lε, mε ɖokpo ɖokpo se oxo enε do otɔ sin gbe mε.

- Wεn ɖagbe Jesu tɔn ma byɔ ɖɔ ye ni dovɔ na mεtɔ gbe kabi na tɔgbo mεtɔn sin nu ɖo ayi ɖe dandan gba.

4) Nyi e ma ka nyi sinsεn yɔyɔ ɖevo wε Jesu hεn wa na mi, etε dodo wε ka nyi owεn ɖagbe etɔn lɔ ? Ye ni flin nɔzo mεtɔn. Mε ɖe e ɖo nunyinyɔεn, ni nɔ flin mε ɖe e ma ɖo. Mε ɖe e ɖo adɔkun, ni nɔ flin mε ɖe e ma ɖo. Mε ɖe e nyi gan, ni ma ɖɔ : « xoxo ton vo din ton vo ! » kεdε blo, ni yi gan ɖe eɖu do wa ɖagbe na tò etɔn. Mawu, Nɔ ɖagbe lεblanu nɔ, wan nyi na nɔ wε Jesu wa doxia mi u gbεtɔ lε. E ɖɔ Mawu sinsεn nugbo tɔn, zinzan mε kpo ayi mε kpo wε ete. Sɔn dohwenu gbɔn, to mεxo ayijεtɔn lε sin hwenu, u wε gbεtɔ ko tɔn jε sinsεn xo mε te, u gbɔn wε e ko hun nukun do Mawu xo go te. Amɔ, gbe ɖe, gbεtɔ sin ayixa na eɖe ma mɔ Mawu Jesu tɔn unkɔtɔn enε : Mawu ɖe ma ze osεn do nukɔn, ɖe ma nɔ vihlɔn, bo nɔ jo na mε e cε lε, Mawu ɖe jro na mi ni yi wannyinyi na nɔzo do hwlεn ayihɔn gbε mitɔn gan sɔn ya si, sɔn xuvε si, sɔn awutu si, sɔn nu nylankan ɖe to gbεmε lεkpo si. Oxo yɔyɔ mɔunkɔtɔn, gbεtɔ lε gbε do alɔ mε na Jesu, bo do ya n’ε kaka bo ze yi hu do satin ji, ɖi danuwatɔ de kpoùn.

(Traduction d’Albert Gandonou, directeur de publication de “Chrétiens pour changer le monde”).

RÉSUMÉ EN NAGOT

Akojɔ « Gba Jesu gbɔ ki oyí ayena kpaɖa »
Ikpaɖè ɔgbɔn ɔjɔ ocu kεwa ɔɖun igbá ole mεrin
Ɔrɔ ti ɔn gbé jaɖè ni ɔjɔ na : « Igbà Jesu gbɔ kpεlù awɔn εsìn ».

1) Kini εsìn jε ? Igbagbɔ, awɔn εsìn ibilε, awɔn etò olici lici ti awɔn àgbà laye laye filélε to fixàn wikpe un kan osi wa laye to ju un kan lɔ.

- Ilu kan kosi, iran kan kosi ti ko ni εsìn tirε.

- O ti ɖi ɖánɖán ki εsìn ki okpɔ láyé. Agbɔɖɔ fi èyà kɔkan silε kpεlu eɖe wɔn. Εsìn kan kosi ni wájú εsìn kan, gbogbo wɔn lowani ɔgbágbá, bi èɖè kan kosi ni wájú èɖè kan. Ko yε ki àɖà εnù εtε lu ala εsìn εnikeji wa, kpεlu èɖè εyà miran. Esìn wa, owun ibɔwɔ fún wá ni εcu unjε.

2) Kini ami iɖani mɔ tó ún fì awɔn owùn εsìn fixàn, látì ilεwà ɖenì yì ? A má ri awɔn ofìn ati awɔn ewɔ, εbɔlúlú ati owun ilúbɔ, amá ri awɔn aláwo kpεlu awɔn acε l’ɔwɔ ; εsìn gbɔɖɔ ni ilé ijɔsìn wɔn kpεlu èɖè εsìn wɔn ; bεεni awɔn εsìn ni ofìn to fín un tá awɔn to ba lù ofìn rε.

- Awɔn amì wɔn yi ló kpe εsε ninu awɔn εsìn εnya ɖuɖu

- Esε wɔn ko wɔn ninu εsìn imale

- Awɔn amì wɔn yì lo faa ni unkan ti awɔn ònyìbò mu wá fun wa wikpe εsìn Jesu wɔn ofi jε εsìn.

3) Ti á bá má sɔ otítɔ ɔrɔ, Jesu ko ɖa εsìn kan silε. Inu εsìn bàbà unla rε ló gbé kú sí. Esìn nà sì wà titi ɖi oni : εsìn awɔn Ju nì. Ni gba ti Emi mimɔ baale awɔn ojicε Jesu, gbógbó ɔrɔ tí wɔn unsɔ ni nu akojɔ na ni awɔn eyà kɔkàn ti wɔn wá ni wɔn gbɔ si eɖè baba rε.

- Inyì rèrè ti Jesu ko sɔ kpé ki afì èɖè baba εnì silε tàbi owùn ìɖìlé baba εnì silε.

4) Ti kò jε εsìn tùntùn mìràn ni Jesu mu wá fun wa, kìn wá nì inyì rere na jε ? Ki arán ti arà wà. Enì tó ní imɔ kan, ki orán ti εni tí kònì. Eni to ni ówó kó rán tí εnì tì kò nì. Eni to jε ɔgà kó mú ɔgà tó jε fi tún ilu ce. Ɔlɔrun ala anù, o ni fε ki i bínú l’ara awɔn ɔmɔ rε oni Jesu wa fixàn wà. O ní sìnsìn Ɔlɔrun lotítɔ nínú cicε ati iwa l’owà. Lá tì lεwà ni εnya tì là jú sí nú εsìn, to tún tì lájú sí nú ɔrɔ Ɔlɔrun. Cugbɔn ɔkan enya ti kárε ko mɔ irú Ɔlɔrun ti Jesu mú wá : Ɔlɔrun ti kò fi ofìn si wájú, eyì tì kì ìgbà εsàn, Ɔlɔrun tó un ɖarìjì awɔn to cεε, Ɔlɔrun tó un fε ki aní ifε àrà wà ki afí gbà ayé wa la kúró ninu iya, ati inyà, ati ayisan, ati gbógbó un kan búbúrú to wà l’ayé. Ɔrɔ titún bε, awɔn enya kɔlè Jesu l’ɔwɔ wi kpe kò ni gba bε, wi kpe awɔn kò ni fi owùn ìnì awɔn fi ce itɔ rε fun εnikεni, wɔn fi ya jε titi wɔn kpa sori igi agbelébu, bi ɔdaran kan.

(Traduction de Gbènoukpo SOVI, guérisseur traditionnel à Kétoukpè, commune d’Ifangni, Bénin).

RÉSUMÉ EN MINA

Toto “Xɔse nε agbe a be trɔtrɔ ».
Bɔbɔ ke nɔ ayi le wetri ewagɔn a, epe 2004 be unkeke gban gɔn a
le IUB le Kutɔnu Ayijεdo
Enya ke ji o na nyi ɖo a ye nyi : « Yesu ji xɔse ku sεnsεn o ».

1) Nu kε ó yɔ ná be sεnsεn o ? E nuji xɔse, enuwɔwɔ hamεn hamεn ke mia tɔgbe o sɔ ɖo anyi la fiɔ be enu wugannu le xixe mεn.

- Edu ɖe muleo, akɔta ɖe muleo ke mu ɖo ye be sεnsεn o. Đo ewan untia, sεnsεn o ɖo la sugbɔ kpoe. O ɖo la tati akɔta ɖeka ɖeka ku ye be sεnsεn ó, ku ɖo yebe gbe ó.

- Sεnsεn ɖe mu le unkɔ nε ɖe o. Sì gbè aleke agbeɖe mu le unkɔ nε ɖè ò nεnε.

- Mu sɔgbe be ola dovlo amε ɖe a be sεnsεn alò ye be gbe ò. Sεnsεn mu nyi ahovi tɔ ò. Mia be nu sεnsεn, ku mia be nu sisi ye nyi vodun.

2) Jèsìdó kε we fiɔna nu ke nyi sεnsεn ò ? Okpɔ na èsé ó, avɔsa ó, avɔsanu ó, okpɔ na hunnɔ ó ku wa be unsεn ó ; sεnsεn ɖo na ye be avɔsape ku avɔsazan ó ; nεnε ké sεnsεn be sé o pona amεke dale sé ji ó.
Þ Jèsìdó wuan o kpata o sɔ gbè le mia be vodun o mε. Ò gbà kpɔna o le malε o be sεnsεn mε. Jèsìdó wuan o deka ke na ye sεnsεn kè yovo ó hεn va na mi be Yesu Kristo tɔ a le nyi sεnsεn.

3) Le nyawó mε a, Yesu mu va ɖó sεnsεn ɖé kpé o, tɔgbe a o be sεnsεn mε vé bè nɔ kaka vá kú. Sεnsεn wuan ye le nyi yuda tɔ o be sεnsεn kaka jè egbè.

- Yesu b’aŋε nyuε mu biɔ be o la dòvlò amεtɔgbe be nu ó.

4) Nε mu nyi sεnsεn yeye Yesu hεn va na mi wa, nu kε ye nyi ye be a aŋε nyuε a ò ? O nε ɖo unku amεnɔvi. Amε ke ɖo nyásán, nε ɖo unku amε ke mu ɖo o wa. Amε ke ɖo adɔkun a, nε ɖo unku amε ke mu ɖo nú ɖé o wà. Amε ke nyi efiɔ a, nε sɔ ye be fiɔɖùɖù sɔ wɔ nyuε nε ye be dù. Máwu, enà ajinɔ nyuε, adɔmεfatɔ, amεlɔntɔ, ye Yesu va ɖe fiɔ mi á agbetɔ ó. E le gblɔn na mi be Máwú sεnsεn le nya wó mε a, wɔna mε ku gbɔngbɔn mε ye be le. Só gɔn mε ye agbetɔ o mɔ nú je sεnsεn unti, ye ó hun unku ɖo Máwú unti. Vɔ a agbetɔ be súsú untɔ mu tεn mɔ nu je Máwú ke Yesu va ɖe fiɔ mi unti o : Máwú ke mu sɔ èsé ɖo unkɔ o, ke mu biɔ na hlɔn o, ke sɔ na agɔ ke na mε a, Máwú ke jro be mi nε sɔ nɔvi lɔnlɔn sɔ hwlεn xíxé á lè àyà sí, le vévé sèsè sí, le edɔ sí, le e nu baɖa o sí. Aŋε yeye nεnε tɔ ye agbetɔ ó gbé dó alɔmε nε Yesu, ye o do aya nε kaka o kε ɖo atisoga ji, sigbè vuεn wɔto.

(Traduction de Lambert Adanhounmè et d’Ignace Sossou, membres du comité de rédaction de « Chrétiens pour changer le monde »).

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