2e PANEL DE LA TABLE RONDE : LES RELIGIONS ET LA QUESTION DE LA PAIX : L’islam hier et aujourd’hui
Article mis en ligne le 13 juillet 2010

par L’administrateur
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Cette introduction au débat a été préparée et présentée par Lambert Adanhounmè. Albert Gandonou était le modérateur du panel.

L’ISLAM HIER ET AUJOURD’HUI

Aujourd’hui l’idée de l’Islam va avec celle de l’intégrisme et de l’intolérance de sorte que cette religion fait parfois sérieusement peur. Même si des voix très autorisées essaient de nous dire que l’Islam n’est pas une religion de violence, et qu’il faut chercher les sources de l’intégrisme et de la violence ailleurs, il nous est difficile de nous enlever de la tête que toutes ces violences se perpètrent au nom du saint Coran ou que les fatwas sont lancées au nom d’Allah. Nous avons des doutes sur ce que nous devons croire entre les affirmations et les faits. Avec ces idées, l’islam ne peut être considéré que comme l’une des plus violentes sinon la plus violente des religions dites du livre. Surtout si dans l’histoire on parle beaucoup plus de guerres saintes sanglantes que d’œuvres de paix et de tolérance.

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Lambert Adanhounmè, introduisant le débat sur l’Islam

Quelle ne fut donc pas ma surprise, avec mes a priori, de découvrir que l’Espagne n’a réellement été une terre de tolérance pour les trois religions dites du livre que pendant l’occupation arabo-islamique (711-1492) et qu’après cette période, c’est l’Inquisition qui a prévalu. Plus grande encore a été ma surprise de lire, dans Confessions dans cardinal d’Olivier Legendre, qu’en notre siècle où la religion musulmane est taxée à tort ou à raison de religion de violence, elle a été la seule pendant le génocide rwandais à ne pas se mêler aux massacres alors qu’il est démontré que des prêtres et des pasteurs y ont largement participé. Le cardinal l’avoue, à ce sujet, en répondant à la question que voici de son interlocuteur :

« – Et puis, Éminence, il faut le dire : c’était un génocide perpétré par des chrétiens.
– Oui, il faut le dire parce que c’est la vérité. Ce fut pour nous, gens d’Église, un coup terrible. Oui, bourreaux et victimes avaient l’habitude de prier ensemble auparavant. Oui, ils participaient aux mêmes messes dans l’église de leur village. Oui, ils étaient invités aux mêmes mariages, se confessaient aux mêmes prêtres, recevaient la visite de leur même évêque. Oui, les bourreaux et victimes appartenaient aux mêmes Églises, célébraient les mêmes cultes.
Aucune confession chrétienne ne peut revendiquer n’avoir eu aucun prêtre ou pasteur dans les massacres. Et il est bon de savoir par les temps qui courent que, seuls, les musulmans, en petit nombre au Rwanda, peuvent être crédités de s’être tenus à l’écart de cette abomination. » (p. 192)

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Les autres intervenants du PANEL 2

Là-dessus, je n’ai aucun commentaire à faire sinon que de rappeler que le Rwanda est l’un des pays les plus christianisés d’Afrique.

Mais je tiens à dire que ces faits d’histoire doivent nous ramener à plus d’humilité et reconnaître qu’aucune religion n’est championne de la violence ou de la paix, que chacune est constituée d’hommes et de femmes capables aussi bien du pire que du meilleur, que chacune cherche ses voies dans l’obscurité de l’humaine condition. Voilà la réalité, voilà la vérité sur laquelle je souhaiterais que nous réfléchissions.

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