COMMUNICATION D’ALBERT GANDONOU : LA BONNE NOUVELLE DE JESUS-CHRIST (1er volet)
Article mis en ligne le 17 juillet 2010
dernière modification le 23 juillet 2010

par L’administrateur
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"L’Évangile : un message de justice sociale, d’amour et de paix, adressé à tout homme de bonne volonté, pour son élévation en humanité, c’est-à-dire vers Dieu."

Cette communication est livrée en cinq volets. Voici l’intitulé de ces volets ainsi que l’adresse internet où on peut les lire :

Volet 1 : LE TEMPS DES PHILOSOPHES : http://www.cpcm-benin.org/spip.php?article68

Volet 2 : L’ÉVANGILE, UN MESSAGE DE JUSTICE SOCIALE, D’AMOUR ET DE PAIX : http://www.cpcm-benin.org/spip.php?article69

Volet 3 : L’ÉVANGILE, UN MESSAGE ADRESSE A TOUT HOMME DE BONNE VOLONTÉ : http://www.cpcm-benin.org/spip.php?article74

Volet 4 : UNE RÉGRESSION HISTORIQUE ? : http://www.cpcm-benin.org/spip.php?article70

Volet 5 : EN REVENIR À LA BONNE NOUVELLE DE JÉSUS-CHRIST : http://www.cpcm-benin.org/spip.php?article71

1er volet : LE TEMPS DES PHILOSOPHES

L’ÉVANGILE : UN MESSAGE DE JUSTICE SOCIALE, D’AMOUR ET DE PAIX, ADRESSÉ A TOUT HOMME DE BONNE VOLONTÉ

Je dois délivrer cette communication au pas de charge, faute de temps. Faute de temps, je l’ai écrit aussi dans l’urgence. Je m’excuse donc pour son plan déséquilibré. La raison de cet état de choses, c’est simplement que les deux premières parties m’ont demandé beaucoup d’efforts de recherche pour essayer d’exprimer clairement des idées, qui me sont de plus en plus chères, sur les philosophes antiques et sur la Bonne nouvelle de Jésus-Christ. En voulant partager avec vous ces idées assez neuves pour moi-même, je souhaite qu’elles vous aident à grandir dans votre foi.

I. LE TEMPS DES PHILOSOPHES [1]

Dans le pourtour méditerranéen, quelque sept siècles avant l’avènement de Jésus-Christ, au siècle même de son avènement et encore quelque trois siècles après, il s’est produit une espèce de révolution dans les esprits, une transformation profonde mais progressive des mentalités, observable au niveau des penseurs et autres leaders d’opinion de cette relative longue période. Le processus dont je parle commence avec les philosophes qu’on dit « présocratiques » et s’achève au 3e siècle de notre ère avec le néoplatonicien Plotin qui a eu, on le sait, une très grande influence sur saint Augustin.

Pour caractériser cette révolution, je parlerai de « quête de la sagesse ». On passe peu à peu d’une religion marquée par la prépondérance du culte sacrificiel à une religion plus intérieure qui donne la primauté au mode de vie, au comportement, à une pratique sociale identifiable. On quitte « un culte conçu de manière utilitaire : je te donne pour que tu me donnes (…),… - pour entrer dans un autre type de rapport avec Dieu [2] ». Pour ainsi dire, il se multipliera des hommes libres, quasi autonomes par rapport aux dieux de la cité, soucieux, avant tout, de mettre leur mode de vie en accord avec leur pensée, avec la conception qu’ils se font personnellement du monde  [3]. Ces hommes libres vont jusqu’au bout de leur pensée, de leur conception du monde, de ce qu’ils tiennent pour la vérité. Certains l’ont payé de leur vie. Beaucoup ont été élevés au rang des dieux, conformément aux pratiques de leur temps.

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Albert Gandonou, pendant sa communication

1) Dans la Grèce antique

a- Les « présocratiques » : citons rapidement un seul d’entre eux : Héraclite d’Éphèse (520-460), inventeur du Logos. Le Logos était pour lui l’Un, la pensée, la sagesse, le verbe, le feu qui gouverne tout et dont tout procède. Le Logos, pour lui, c’est la raison commune à tous dont l’harmonie est le résultat des tensions et des oppositions qui constituent la réalité. Héraclite est le père de la pensée dialectique. Et sa ville natale nous fait penser, nous les chrétiens, à la communauté johannique d’Éphèse. Un siècle plus tard, l’Athénien Platon donnera le nom de " philosophes " à ceux qui aspirent à ordonner la réforme des modes de vie à la connaissance savante de la réalité. Héraclite fut sans doute le premier d’entre eux.

b- Socrate (470-399), considéré par Platon et ses disciples comme le père de la philosophie. Son mode de vie était en accord avec ce qu’il considérait comme la vérité. Il avait foi en la raison humaine par laquelle l’homme peut se connaître soi-même et vivre heureux. Dans Gorgias de Platon, il combat les sophistes pour leur immoralisme, leur relativisme absolu selon lequel il n’y a pas de vérité. L’art de savoir bien parler, la rhétorique, suffit pour donner l’apparence du vrai à tout. Mieux vaut, selon Socrate, la droiture d’esprit, une vie en ordre que le désordre des passions. A Polos qui lui dit que « les hommes qui commettent l’injustice sont heureux, à condition de n’être pas punis », Socrate répond que le châtiment du coupable est une nécessité, et cela pour le bien même de ce dernier : « on est encore plus malheureux si, bien qu’on soit coupable, on n’est ni puni ni châtié par la justice des dieux ni par celle des hommes [4]. C’est à la fin de Gorgias, que Socrate développe un mythe qui décrit la destinée des âmes après la mort : des châtiments sont réservés aux méchants, qui ont commis l’injustice. « Voici quelle est cette loi : si un homme meurt après avoir vécu une vie de justice et de piété, qu’il se rende aux Iles des bienheureux et qu’il vive là-bas dans la plus grande félicité, à l’abri de tout malheur ; mais s’il a vécu sans justice ni respect des dieux, qu’il se dirige vers la prison où on paye sa faute, où on est puni - cette prison qu’on appelle le Tartare [5] . » A n’en pas douter, il s’agit du même Tartare que les catholiques chantent, en latin, à l’offertoire, à la messe des morts. Socrate a traqué partout la fausseté et l’hypocrisie. Pourtant, il sera taxé de « corrupteur de la jeunesse ». Condamné à mort par les garants de l’ordre social pour impiété et pour corruption de la jeunesse, il ne cherchera pas à se dérober à cette sentence et boira la ciguë prescrite par ses juges.

c- Les autres philosophes grecs (voir ci-dessus la définition de Platon) qui ont pour la plupart fondé une école de philosophie, où des disciples venaient acquérir « un style de vie et un mode d’être [6] » : Platon lui-même, son disciple Aristote, Épicure, Zénon de Citium, fondateur du stoïcisme, etc.

2) Dans la Rome antique

a- Epictète, le stoïcien (50-125 ou 130) : des citations de lui sont proposées dans le dossier en votre possession. Vous remarquerez aisément que certaines sont saisissantes. « Le sage sauve sa vie en la perdant »… « Pourquoi fais-tu le stoïcien ? Prends donc le nom que tes actions demandent, et ne t’orne point d’un nom qui ne te convient point et que tu ne fais que déshonorer. Je vois bien des hommes qui débitent les maximes des stoïciens. Mais je ne vois point de stoïcien. »

b- Plotin (205-270). Fondateur du néoplatonisme auquel saint Augustin au 4e siècle s’est converti en même temps qu’au christianisme, Plotin concevait « le principe divin sous la forme de trois hypostases ou trois Réalités : un Principe inengendré, immuable et inaccessible, l’Un suprême ; la Raison, ou Verbe, qui découle de lui ; et, enfin, l’Âme [7] ».

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Albert Gandonou, au centre, accueillant avec Lambert Adanhounmè, le Père Frédéric Kogué, vicaire de la paroisse de Zè au Bénin

3) En Palestine au premier siècle de notre ère

Devant les ruines de Jérusalem et de son Temple (voir le document « Un rapide survol historique »), rabbi Jehöshoua ben Anania s’écrie :
Malheur à nous ! à cause de ce sanctuaire qui est détruit,
et de cet endroit qui servait à l’expiation de nos péchés !
Mais rabbi Johanan ben Zakkaï à qui le judaïsme doit sa survie jusqu’à nos jours lui répond ce qui suit : Ne t’en afflige pas trop, mon fils, car nous possédons un moyen d’expiation tout aussi efficace.
- Lequel ? – La charité et la bienfaisance. Car tel est bien l’enseignement du prophète Osée qui a dit : « C’est la bonté que je veux, et non le sacrifice ». Et le psaume dit encore : « Ce que je pense, c’est que le monde sera rebâti par la bonté ».

Le Père jésuite, Pierre Scheffer, qui rapporte ce dialogue propose ce commentaire, dans le document que vous avez :
« A entendre ces réflexions on se rend compte que certains juifs contemporains de Jésus étaient tout prêts à prendre leurs distances vis-à-vis d’une religion trop centrée sur les cérémonies somptueuses du temple de Jérusalem ; en eux le terrain était préparé d’une religion plus intérieure. Et comment ne pas rapprocher ces mots de Johanan ben Zakkaï de cet enseignement de Jésus que l’on trouve dans le quatrième évangile (4, 21 et 23) :

« Crois-moi, femme,
elle vient, l’heure où ce n’est plus sur cette montagne ni à Jérusalem
que vous adorerez le Père
elle vient, l’heure
et c’est maintenant où les véritables adorateurs adoreront le Père
en esprit et en vérité ».

Voilà donc une manière de vivre la foi juive qui n’excluait pas le temple de Jérusalem mais qui pouvait fort bien s’en passer ; ce qui s’est produit après 70, année de la destruction du temple par le colonisateur romain, le prouve abondamment : malgré sa dispersion dans de nombreux coins de l’empire et même en dehors, d’Espagne jusqu’en Mésopotamie, des bords du Rhin jusqu’à l’Afrique du Nord, le monde juif, grâce à son amour de la Parole, a toujours préservé son identité culturelle, et bien souvent sa foi en Celui qui avait fait alliance avec lui [8] . »

Notes :

[11 Voir Frédéric Lenoir, Le Christ philosophe, Paris, Plon, 2007. On lira aussi, avec intérêt, toujours de Frédéric Lenoir, Comment Jésus est devenu Dieu, Paris, Fayard, 2010.

[22 Père Joseph Moingt, « Dieu veut que l’homme soit libre » in La Croix, n° du lundi 14, mardi 15 août 2006, p. IV.

[33 On peut dire la même chose de Siddharta Gautama, le Bouddha, né vers – 563 dans le sud-est du Népal et mort vers – 483. « Philosophe pragmatique plutôt que religieux, il prêchait que toute vie est douleur et enseignait un moyen de se libérer de cette douleur en suivant un chemin (le noble octuple sentier) tracé en huit points. Ses adeptes furent nombreux et il fonda une communauté monastique (Sangha). Ses doctrines furent ensuite transformées en dogmes religieux, ce qu’il ne concevait pas. (…) Ses doctrines de renoncement, de compassion infinie envers tous les êtres, d’oubli de soi, allaient bouleverser l’Asie tout entière et la vie de six cent millions d’êtres humains… » Dictionnaire Le Grand Robert. Mais parler du Bouddha serait trop élargir notre champ d’investigation. Pour en savoir plus, voir Frédéric Lenoir, Socrate, Jésus, Bouddha, trois maîtres de vie, Paris, Fayard, 2009.

[44 Platon, Gorgias, Paris, GF-Flammarion, 1993, p. 182. »

[55 Ibid., p. 303.

[66 Pierre Hadot, Qu’est-ce que la philosophie antique ?, Paris, Gallimard, 1995, p. 360.

[77 Frédéric Lenoir, Comment Jésus est devenu Dieu, Paris, Fayard, 2010, p. 208.

[88 Père Pierre Scheffer, sj., La Parole, notre amie, Toulouse, Ed. Christ Source de Vie, 1984, pp. 24-25.

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COMMUNICATION D’ALBERT GANDONOU : LA BONNE NOUVELLE DE JESUS-CHRIST (1er volet)
Bleiz - le 22 juin 2012

Généralement je n’ai jamais lu des articles entiers mais la façon dont vous avez écrit cette information est tout simplement incroyable et cela a capté mon intérêt tout au long de la lecture et j’ai bien aimé les liens.

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COMMUNICATION D’ALBERT GANDONOU : LA BONNE NOUVELLE DE JESUS-CHRIST (1er volet)
- le 20 décembre 2011

Article très intéressant merci pour ces informations.
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