A l’exemple de l’homme Jésus, devenir soi et rechercher le sens de sa propre vie (Marcel LÉGAUT)
Article mis en ligne le 14 septembre 2010

par L’administrateur
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Le texte, reçu de notre ami Antoine GIRIN, est extrait de QUELQUES NOUVELLES,

bulletin de liaison des Amis de Marcel Légaut,

N° 236 – septembre 2010

http://www.marcellegaut.fr

Notre vie spirituelle me semble marquée par deux directions fondamentales.
La première n’est pas spécifiquement chrétienne : prendre conscience de la condition humaine et, d’une manière précise, à partir de ce que je suis moi même. Qui suis-je et que suis-je dans le monde ? Ce qu’il faut dire c’est que nous commençons à peine à prendre conscience de la réalité humaine, parce que nous avons toujours été plus ou moins gênés par une idée fausse sur Dieu : l’idée que nous avons de Dieu nous empêche de prendre conscience de la condition humaine, comme pour la science : sitôt que la science a pu se dégager des idées qu’on avait sur Dieu cause, la science a pris son développement. De même nous prendrons petit à petit conscience de notre condition humaine, de ce que nous sommes et de ce que nous sommes dans le monde lorsque, précisément au départ, nous aurons une anthropologie suffisante. Voilà un premier point, c’est notre première fraternité : quand deux hommes se trouvent devant leur condition humaine, aux heures critiques où ils sont plus lucides sur cette condition humaine qu’en temps ordinaire, par exemple tous les deux en danger de mort ou dans les mêmes situations dramatiques de la vie, ils ont un sens de la fraternité qui dépasse de beaucoup ce qu’ils peuvent avoir en temps normal, même quand ils parlent de fraternité : c’est la base même d’une communauté. Nous ne faisons communauté que lorsque nous sommes suffisamment conscients de la condition humaine où nous sommes immergés les uns les autres d’une manière inéluctable.

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Le deuxième aspect qui est important : Jésus est un homme comme nous. Nous ne pourrons jamais dire l’extrême difficulté, le gâchis que nous avons commis depuis vingt siècles en affirmant trop vite la divinité de Jésus, car là encore dans une certaine mesure cette divinité a bloqué la prise de conscience de ce que Jésus était. Il faut découvrir la transcendance de Jésus et non pas la poser a priori. Parce que nous avons des idées fausses sur Dieu, nous avons des idées fausses sur la transcendance de Jésus si nous disons de prime abord qu’il est Dieu. Au contraire il nous a dit qu’il était le chemin, donc il faut que nous le découvrions dans ce qu’il est pour avoir une idée un peu plus simple de Dieu. Cela paraît évident ! Ainsi, le deuxième axe de la vie spirituelle proprement chrétienne, c’est découvrir, grâce à la prise de conscience de notre condition humaine, ce que Jésus a vécu ces quelques mois qui l’ont conduit de la religion traditionnelle la plus solide de son temps, à cette réalité singulière qui fait qu’il s’est opposé à cette tradition tout en étant nourri par elle. Avec le destin qui lui était imposé et qui est peut être bien le chemin que nous avons tous à parcourir, le seuil que nous avons tous à franchir par la mort pour entrer dans une transcendance qui n’est plus simplement dépendance des contingences dans lesquelles nous avons à vivre.

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A l’exemple de l’homme Jésus, devenir soi et rechercher le sens de sa propre vie (Marcel LÉGAUT)
canonge - le 19 avril 2011

Je voudrais savoir si, dans sa dernière phrase, Marcel Légaut veut signifier la mort à son être ancien ou le passage par la mort naturelle, l’après vie terrestre ?
"le seuil que nous avons tous à franchir par la mort pour entrer dans une transcendance..."
Personnellement je prends ici le mot "transcendance" dans le sens du mouvement de la personne pour chercher sans cesse à se dépasser elle-même.
Paul



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