Compte rendu du café rencontre du samedi 27 novembre 2010
Article mis en ligne le 30 novembre 2010

par L’administrateur
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L’ordre du jour de ce café rencontre ne comportait qu’un seul point : examiner la déclaration du Parti communiste du Bénin (PCB) intitulée : « A propos de la paix et des discours sur la paix ». Après présentation des participants et lecture du texte, nous nous sommes posé un certain nombre de questions.

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Vue partielle des participants à la rencontre

I. Pourquoi le texte du PCB ne nous laisse-t-il pas indifférents ?

1) Il fait une référence explicite à l’Exode, notamment à la sortie d’Egypte : « Laisse aller mon peuple » est revenu à plusieurs reprises. La sortie d’Egypte est l’événement fondateur du peuple juif qui en fait la commémoration jusqu’à nos jours par la célébration de la Pâque. Ainsi dans l’esprit de ce peuple et dans celui des prophètes et de Jésus, Dieu est un Dieu qui prend parti pour les opprimés, pour les esclaves, et s’engage à leurs côtés jusqu’à réaliser avec eux leur libération des mains de Pharaon qui déconsidère l’homme au profit des briques.

2) Le contenu du texte du PCB nous renvoie à « l’option préférentielle pour les pauvres » du Dieu de Jésus. Ce renvoi pourrait constituer pour nous un sérieux rappel à l’ordre au cas où les disciples de Jésus que nous nous voulons se seraient laissé séduire par les douceurs d’un pacifisme facile ! Mais tel n’est pas notre cas et nous nous croyons fondés à penser que le petit membre de phrase inséré au début du dernier paragraphe du texte est peut-être un hommage qui nous est rendu : « Que ceux qui veulent alors vraiment la paix osent, un peu comme certains groupes chrétiens, dire à Boni Yayi » tout ce qu’il fait de mal au peuple.

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Armand Elisha de blanc vêtu comme à son habitude

II. Alors quelles questions cette déclaration nous pose-t-elle ?

1) Notre thème général pour cette année 2010-2011, c’est comme pour l’an passé : « Préserver la paix sociale envers et contre tout ». Que voulons-nous bien dire par là ? Que nous optons pour la non-violence absolue ? Le pacifisme béat, qui ne profite en général qu’aux oppresseurs ? L’inaction face à la tyrannie, à la violation des droits du peuple, par peur, par couardise ?

2) Même la non-violence à la Gandhi, si telle était notre option, ne va-t-elle pas de pair avec les manifestations publiques telles que des marches, des sit-in, des chaînes humaines, des moments de silence, des concerts, etc., comme le montre la « Déclaration de solidarité avec la grande marche indienne Jan Satyaraha 2011-2012 » que notre ami Etienne Godinot vient de nous faire parvenir ?

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Rolande Anato et André Assé

Pour ces deux questions, notre réponse tient en une phrase : CPCM soutient et approuve toutes les luttes pacifiques du peuple et l’encourage à exercer pleinement sa souveraineté dans tous les domaines.

III. Mais que dit et veut CPCM ?

Pour répondre à cette question, les participants ont décidé de rendre publique une déclaration pour repréciser la ligne de conduite définie par CPCM à l’occasion de sa conférence de presse du 9 octobre 2010. Albert a soumis aux participants un projet de déclaration qui a été amendé et approuvé séance tenante. Cette déclaration, ci-après attachée à cet article, est intitulée : « Exigeons la paix, la paix véritable, la paix du peuple ».

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Patrick Dady, Lambert Adanhounmè et Anick Gbègbèlègbè

IV. La réunion a été particulièrement marquée par la participation au débat de Maurice Anagonou et d’André Assè, dit « Général des étudiants ».

Le premier est un habitué des rencontres de CPCM ; il est formateur en personnalité et relations humaines (PRH). Le second en était à sa première participation. Il est tombé sur une des affiches annonces du café rencontre placardées sur le campus d’Abomey-Calavi grâce aux bons soins de Nathanaël Houndéton et d’Abiola Gandonou, et a décidé d’aller écouter ce que ces gens avaient à dire sur la paix et surtout sur une déclaration du PCB. Le « général » est en effet le responsable du syndicat étudiant le plus populaire sur les campus des différentes universités du Bénin et président de l’Union de la jeunesse communiste du Bénin (UJCB). C’est sur lui et sur neuf autres de ses camarades que le professeur Fulbert Géro Amoussouga a fait tirer à balles réelles, lundi 25 novembre 2008, lors d’une manifestation pacifique organisée sur le campus d’Abomey-Calavi par l’Union Nationale des Scolaires et Etudiants du Bénin (UNSEB). Il lui a fallu plusieurs semaines et plusieurs mois pour guérir de ses graves blessures.

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Nathan, Abiola et le "Général"

« La meilleure manière de faire la paix, nous a dit en substance André Assé, c’est de traduire la volonté du peuple en loi. Une constitution n’est pas éternelle, c’est le peuple, - et non les juristes -, qui l’écrit pour couronner ses succès étape après étape. En 2011, une guerre réactionnaire peut éclater dans notre pays. L’occupation de la Bourse du Travail et les moyens disproportionnés (chars d’assaut compris) exhibés le 12 octobre 2010 pour réprimer une marche des travailleurs aux mains nues en donnent un avant-goût. Que se passera-t-il le 31 décembre 2010 quand la Liste électorale permanente informatisée (LEPI) sera déclarée prête, en dépit des conditions déplorables dans lesquelles elle est confectionnée actuellement à marche forcée et sans l’ombre d’un consensus de la classe politique ? Pour éviter de graves dérives à notre pays qui s’enfonce dans l’arbitraire, c’est maintenant qu’il faut renverser Boni Yayi et mettre fin ainsi au mépris de la patrie, à la marginalisation et à la clochardisation des vrais patriotes. Le PCB n’est pas pour autant pressé pour l’insurrection. Il s’emploie cependant à former, éclairer le peuple pour en hâter l’avènement. Boni Yayi est un produit du système qui maintient le pays sous oppression par des nominations arbitraires au service de la corruption, par l’imposition d’une langue étrangère comme langue officielle et par une monnaie, le franc CFA, qui nous ruine et nous dépouille de notre souveraineté en matière de finance. C’est lui l’offenseur. Et comme le dit le Nouveau Testament, c’est à lui de demander pardon et, en cas de besoin, de réunir la communauté pour le faire. Comme il se refuse à le faire, le Front de Défense de la Démocratie (FDD) s’est constitué le 13 octobre 2010 pour lui résister et défendre les libertés chèrement conquises contre ses menées tyranniques. »

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André Assé, dit "le Général des étudiants"

Maurice Anagonou, quant à lui, est revenu sur la question de la réparation des torts. Trop de frustrations sont accumulées. Certains en sont venus à réduire leurs besoins légitimes pour vivre en paix. Au quotidien, les nouveaux possédants ont des attitudes arrogantes, provocatrices, qui souvent visent à écraser les pauvres, leur en mettre plein la vue. C’est au quotidien aussi qu’à divers niveaux nous devons apprendre à nous montrer solidaires des victimes. Il faudrait qu’à nos petits niveaux nous nous efforcions d’en finir avec la culture très béninoise du « é kan hwè » (C’est ton affaire !). CPCM doit contribuer activement à la mise en place d’un mécanisme de soutien aux victimes, aux patriotes, aux lutteurs et à tous ceux qui ont le courage de s’engager dans divers combats pour le progrès de notre pays mais qu’on méprise, marginalise, clochardise, exclut sans pitié. Les victimes elles-mêmes ont quelque chose à faire pour aider leurs tortionnaires à se sortir de leur enfermement ; aussi paradoxal que cela puisse paraître, c’est à elles de faire le premier pas, de tendre la main à leurs offenseurs. CPCM, a dit Maurice Anagonou, doit travailler au quotidien à briser les murs érigés et à construire des ponts en lieu et place. Des propos du genre « Je ne veux plus entendre parler de politique, je ne veux plus entendre parler du PCB… » et qui traduisent l’indifférence grandissante et la tendance des gens à se réfugier dans une tranquillité à bon compte doivent cesser et laisser la place à une prise de conscience de la responsabilité de chacun et du nécessaire engagement de tous pour l’amélioration des conditions de vie dans la cité.

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Maurice Anagonou

Par ailleurs Maurice Anagonou a invité CPCM à continuer de développer ses réseaux de solidarité, de renforcer ses liens avec des groupes authentiques dont le soutien surtout moral donnent du crédit à ses actions et confiance à ses amis et sympathisants : associations Marcel Légaut, Jean Sulivan, le Centre Lebret, Fondacio, la Fondation pour le Progrès de l’Homme, Justice et Paix, etc. Enfin il a exhorté CPCM à aller rencontrer différentes institutions de la république et des personnalités politiques à divers niveaux afin d’impulser le dialogue hardi qui lui est si cher pour sortir le pays de la situation où il s’enlise actuellement.

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Patrick Dady

V. En divers, les messages reçus ont été portés à la connaissance des participants : Maryvonne Jeannès, Antoine Djama, le politologue Mathias Hounkpè, le colonel des douanes Emmanuel Zinkpè, Bernice Dédé Foli-Dogbé, l’activiste de la non-violence Etienne Godinot, Sœur Gwannaëlle Bouché, Jean-B. MER, Hervé Johnson, Moïse Chabi…. Les participants ont été informés que CPCM a adhéré à la "Déclaration de solidarité avec la grande marche indienne Jan Satyaraha 2011-2012", et va prendre sa part à cette mobilisation internationale. Le texte de cette déclaration est attaché à cet article. Enfin un hommage appuyé a été rendu aux journalistes présents et qui, depuis notre conférence de presse du 9 octobre 2010, ont choisi de faire route avec nous : Marc Gathum, Yannick, Constant Bienvenu, etc.

P.S. :

N.B. Compte tenu des fêtes de fin d’année, le prochain café rencontre se tiendra le samedi 18 décembre 2010, à 10h, toujours à l’Institut Universitaire du Bénin (IUB), à Aïdjèdo, à Cotonou.

Téléchargements Fichiers à télécharger :
  • Déclaration de CPCM à l’issue de son café rencontre du 27 novembre 2010
  • 31 ko / Word
  • Déclaration de solidarité avec la grande marche indienne Jan Satyaraha 2011-2012
  • 292 ko / Word
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