COMPTE RENDU DU CAFE RENCONTRE DU SAMEDI 18 DECEMBRE 2010
Article mis en ligne le 27 décembre 2010
dernière modification le 28 décembre 2010

par L’administrateur
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Le 3e café rencontre de cette année académique 2010-2011 s’est tenu le samedi 18 décembre 2010, comme à l’accoutumée, à l’Institut Universitaire du Bénin à Ayidjèdo, à Cotonou. Tél. : +229 21 32 81 97 Mobile : +229 97 47 72 90.

Trois points ont été inscrits à l’ordre du jour :

1) Lecture et adoption du compte rendu du café rencontre du 27 novembre 2010, disponible sur le site de CPCM.

2) Libre examen du thème retenu pour ce 3e café rencontre de l’année académique 2010-2011.

3) Divers où trois points ont été inscrits :

a) La situation en Côte d’Ivoire

b) L’évolution du Front pour la Défense de la Démocratie (FDD) créé au Bénin le 13 octobre 2010

c) La participation de CPCM au symposium de l’Institut des Artisans de Justice et Paix (IAJP), symposium marquant ses 13 ans d’existence.

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Vue des participants au café rencontre

I. Le compte rendu du café rencontre du 27 novembre 2010 est disponible sur le site de CPCM à l’adresse suivante : http://www.cpcm-benin.org/spip.php?article88

II. Le thème retenu pour le café rencontre du jour est libellé comme suit : "Dans le contexte de pauvreté où nous sommes au Bénin, comment comprendre le vote par les députés béninois d’une loi portant de quinze à cent millions de francs CFA la caution à payer par un candidat à l’élection présidentielle, et à deux milliards et demi les dépenses autorisées pour sa campagne électorale ?"

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D’autres participants à la rencontre

Il est ressorti clairement du tour de table ce qui suit :

1- Ce vote de loi est un des indices de la vérité qu’on cherche à cacher : le Bénin, notre pays, n’est pas pauvre. Ses ressources sont mal gérées : elles sont accaparées par l’impérialisme et la minorité de gens qui nous dirigent, dans le cadre d’un système appelé Françafrique.

2- Ce vote de loi traduit la volonté des dirigeants pilleurs des biens publics d’exclure le peuple de la gestion du pays.

3- Ce serait la mort de la démocratie et la perpétuation du règne des prédateurs. Une ploutocratie va s’installer au pouvoir et l’argent seul décidera de tout, « la richesse, comme dit Renan, sera le nerf principal des choses ».

4- Ce serait, à n’en pas douter, un facteur de guerre, ce verrouillage du système sur lui-même. La démocratie ne fonctionnant plus, c’est souvent à la force qu’on recourt déverrouiller ce qui est injustement et abusivement verrouillé !

5- CPCM doit donc tirer la sonnette d’alarme, à ce niveau-là aussi, avant qu’il ne soit trop tard. CPCM doit dénoncer cette dérive du parlement béninois et se montrer plus que jamais attaché à « l’option préférentielle pour les pauvres ».

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Annick qui en est à sa 2e participation

III. En divers :

1- Le caractère très préoccupant de la situation en Côte d’Ivoire et les dangers qu’elle fait planer sur la sous-région africaine ont été évoqués. Surtout les participants n’ont pas compris pourquoi, s’agissant de la Côte d’Ivoire, la « Communauté internationale » rompt avec ses habitudes hypocrites (au Bénin, au Togo, au Burkina, en Guinée, etc.) et refuse cette fois-ci de s’en tenir aux résultats définitifs proclamés par la Cour constitutionnelle de ce pays souverain. Ils n’ont pas compris pourquoi cet empressement et cette volonté forcenée d’ingérence étrangère qui fait fi de toutes les précautions élémentaires. Comme dit l’autre, « on peut avoir des préférences, mais il faut agir de façon subtile et responsable » (Fraternité Matin, n° 13830 du 14 décembre 2010, p. 2).

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Lambert partageant un article de journal avec l’assistance

« Le seul problème est que l’annulation des zones contestées aurait dû conduire à un recomptage ou alors à un « troisième tour » dans ces zones afin de faire jaillir la vérité des urnes. Que s’est-il donc passé au niveau de la Commission électorale indépendante, dominée par la coalition des partis d’Alassane Ouattara et d’Henri Konan Bédié, pour que personne n’ait eu la présence d’esprit d’offrir cette alternative ?Pourquoi tant de précipitation pour annoncer des résultats provisoires que la Cour constitutionnelle dominée par les amis de Laurent Gbagbo allait manifestement invalider ? De toute évidence, là encore, il y a eu des pressions étrangères lesquelles ne sont pas les meilleurs conseils en matière électorale en Afrique, en Côte d’Ivoire en particulier. » (Afrology, Côte d’Ivoire et démocratie sélective, 22 décembre 2010, in www.afrology.com).

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Armand Elisha s’exprimant sur la situation en Côte d’Ivoire

2- Revenant sur le Front de Défense de la Démocratie (FDD), créé le 13 octobre 2010 à la Bourse du Travail à Cotonou au Bénin, l’appel qu’il a lancé a retenu notre attention :

le FDD lance un vibrant appel :
- à notre peuple, afin qu’il soit constitué partout des Comités Locaux de Défense de la Démocratie (CLDD) qui, puisant dans notre longue et riche tradition de luttes héroïques, devront travailler quotidiennement, à barrer la route à l’arbitraire, à la confiscation et à l’exercice personnel du pouvoir, au pillage et aux bradages de nos ressources nationales.
- à la jeunesse afin qu’elle prenne la mesure de la gravité de la situation actuelle et se batte, de toutes ses forces, pour conserver les libertés démocratiques qu’elle a héritées de ses aînés
- à l’Armée, aux forces de sécurités publiques et à tous les agents de l’État qu’ils doivent tenir comme bréviaire les dispositions de l’Article 19 de notre Constitution qui stipule que : « Tout individu, tout agent de l’Etat qui se rendrait coupable d’acte de torture, de sévices ou traitements cruels, inhumains ou dégradants dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions, soit de sa propre initiative, soit sur instruction, sera puni conformément à la loi. Tout individu, tout agent de l’Etat est délié du devoir d’obéissance lorsque l’ordre reçu constitue une atteinte grave et manifeste au respect des droits de l’homme et des libertés publiques. »

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Vue de la salle

A ce propos, il a été rapporté que les partis de l’opposition parlementaires signataires de cet appel se montrent réticents quant à la constitution des comités locaux. Partout où ils ont été mis en place jusqu’à présent (à l’université, à Allada, à Zè, etc.), c’est toujours à l’initiative du Parti Communiste du Bénin (PCB). Tout se passe comme s’il y avait un manque de sincérité de leur part, eux qui pendant de longues décennies ont été, avant le président Boni YAYI, à la direction des affaires de notre pays. Un peu comme si le front était perçu comme une force qu’on se garde sous la main afin d’en user au besoin, par exemple quand ils seraient déclarés battus à l’issue de la prochaine élection présidentielle de mars prochain. Si telle était leur idée, ils ne chercheraient donc par ce front qu’un instrument pour les aider à retourner aux affaires pour continuer comme par le passé. Or tout changerait et le front serait quelque chose de très avantageux pour notre pays si réellement il s’engageait, à travers tout le pays, à travailler au quotidien « à barrer la route à l’arbitraire, à la confiscation et à l’exercice personnel du pouvoir, au pillage et aux bradages de nos ressources nationales. ». Cette analyse nous a amenés à penser que ce serait peut-être une bonne idée de se servir du front comme d’un instrument pour élever la conscience de la jeunesse et du peuple, et les mettre à l’abri de toute manipulation.

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Albert, l’air grave et préoccupé

Pour cette raison, Albert a décidé de contribuer dans sa région à la mise en place des comités locaux du Front de Défense de la Démocratie et de sortir enfin de sa méfiance envers cette coalition hétéroclite et hâtive, qui s’est créée sans qu’on ait eu droit à un quelconque repentir de la part des anciens pilleurs des ressources nationales, restés impunis.

3- « Chrétiens pour changer le monde » (CPCM) a été invité à participer au symposium organisé par l’Institut des Artisans de Justice et Paix (IAJP) de l’Eglise catholique, à l’occasion de son 13e anniversaire, et qui s’est tenu au Chant d’Oiseau à Cotonou, les 4 et 5 décembre 2010. Antoine Dzamah, Lambert Adanhounmè et Albert Gandonou ont formé la délégation de CPCM à cette rencontre qui avait pour thème…… Le thème du symposium qui a duré deux jours est libellé comme suit : "Les joutes électorales : entre les promesses des politiques et le développement intégral". Albert était un des deux premiers panelistes. Sa communication s’est penchée sur le sujet suivant : « La problématique de l’éducation pour une nation politiquement mûre ». Après une entrée en matière qui a présenté quelques aspects croustillants du système néocolonialiste où tout est en trompe l’œil, où tout se fait comme si, il a traité dans sa première partie l’idée qu’il n’y avait pas au Bénin une nation politiquement mûre, et dans une deuxième partie les défis pour l’éducation. Celle-ci, en un mot, doit contribuer à un développement autocentré, qui se donne pour base les valeurs endogènes telles que nos langues, nos cultures, nos religions, la médecine ancestrale et alternative, la justice et l’administration ancestrales, etc. Dans cette communication dont certains des auditeurs étaient Mgr Michaël Blum, nonce apostolique, et Mgr Clet Fêliho, évêque de Kandi, Albert a recommandé, par exemple, au sujet des religions ancestrales d’Afrique :

Le respect - je n’ai pas dit la pratique - de nos religions ancestrales africaines : mais pour cela il faut en venir à une définition de la religion qui soit plus respectueuse de la nécessaire diversité culturelle et religieuse. Nous allons trop souvent à la rencontre des cultures avec des préjugés et une tendance de plus en plus insupportable au jugement d’autrui et à sa condamnation. Ce n’est pas ainsi que notre maître Jésus a agi au milieu de nous : il refuse d’exclure et trouve le moyen de ne pas prononcer de jugement. Il sait toujours respecter l’homme, fils bien aimé de Dieu, en chacun de nous ; par le respect qu’il témoigne même aux plus indignes d’entre nous, il se contente d’activer la présence et l’œuvre de l’Esprit de Dieu au fond de nos cœurs. Que ce soit avec la samaritaine, avec Zachée ou même les deux voleurs pendus à ses côtés sur la croix. On remarque aussi que le père du fils prodigue se garde de tout jugement, de toute condamnation et même de toute punition. Au 17e siècle, le pape Alexandre VII nous a exhortés au respect le plus scrupuleux des cultures et des rites des gens vers lesquels nous allons : « Ne mettez aucun zèle, n’avancez aucun argument pour convaincre ces peuples de changer leurs rites, leurs coutumes et leurs mœurs, à moins qu’elles ne soient évidemment contraires à la religion et à la morale. Quoi de plus absurde que de transporter chez les Chinois la France, l’Espagne, l’Italie ou quelque autre pays d’Europe ? N’introduisez pas chez eux nos pays, mais la foi qui ne repousse ni ne blesse les rites et les usages d’aucun peuple, pourvu qu’ils ne soient pas détestables, mais bien au contraire veut qu’on les garde et les protège. Il est pour ainsi dire inscrit dans la nature de tous les hommes d’estimer, d’aimer, de mettre au-dessus de tout au monde les traditions de leur pays, et ce pays lui-même. Aussi n’y a-t-il pas de plus puissante cause d’éloignement et de haine que d’apporter des changements aux coutumes propres à une nation, principalement à celles qui y ont été pratiquées aussi loin que remontent les souvenirs des anciens. Que sera-ce si, les ayant abrogées, vous cherchez à mettre à la place les mœurs de votre pays, introduites du dehors ? Ne mettez donc jamais en parallèle les usages de ces peuples avec ceux de l’Europe ; bien au contraire, empressez-vous de vous y habituer. Admirez et louez ce qui mérite la louange. Pour ce qui ne la mérite pas, s’il convient de ne pas le vanter à son de trompe comme le font les flatteurs, vous aurez la prudence de ne pas porter de jugement, ou en tout cas de ne rien condamner étourdiment ou avec excès . »

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Photo de famille à la fin du symposium de Justice et Paix, le dimanche 5 décembre 2010

Ce qui doit changer dans les pratiques des hommes change avec le temps, sous l’action de l’Esprit du Dieu de Jésus qui souffle quand il veut et comme il veut. La vérité de Dieu que nous sommes appelés à apporter aux peuples, ce n’est pas LA VÉRITÉ, mais l’amour de Dieu et sa miséricorde. La VÉRITÉ nous dépasse et nous rend trop prétentieux, trop oublieux de nos propres limites. Que d’exactions, que de blessures nous avons indument causées aux autres en son nom, en nous croyant sincèrement les dépositaires exclusifs de la VÉRITÉ ! C’est dans l’histoire, d’âge en âge, c’est à travers le temps que l’humanité marche pas à pas vers la VÉRITÉ. La notion biblique du temps, que d’aucuns appellent aujourd’hui la dialectique, est de nature à nous inspirer envers l’autre une circonspection, une patience et un respect plus efficaces que toutes sortes de déclarations hâtives, péremptoires et inconsidérées.

Téléchargements Fichiers à télécharger :
  • "Côte d’Ivoire et démocratie sélective", texte d’Afrology sur la crise post-électorale en Côte d’Ivoire
  • 675.6 ko / PDF
  • "Non à la république des milliardaires", déclaration du PCB en date du 16 août 2010
  • 34 ko / Word
  • Déclaration du PCB sur l’évolution de la situation en Côte d’Ivoire
  • 35.5 ko / Word
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COMPTE RENDU DU CAFE RENCONTRE DU SAMEDI 18 DECEMBRE 2010
Lucien ESSOH - le 28 décembre 2010

Bonjour,
Je suis chaque fois très heureux de lire vos comptes rendu. Preuve que CPCM continue son chemin.

Je profite de cette tribune pour exprimer ma profonde désolation sur toute cette cacophonie organisée par la "Communauté Internationale" dans ce pays frère la Côte d’Ivoire. Pour ma part, et à l’analyse des faits il est triste de constater que par leurs actions respectives, la CEI et le conseil constitutionnel n’ont pas privilégié le chemin de la vérité et de la concorde national. Quel garantie avons nous que des résultats publiés dans le QG (Hôtel du Golf) d’un candidat sont impartials ? Qu’est ce qui nous prouve que le conseil constitutionnel est en mesure d’évacuer un contentieux électoral d’une telle envergure en moins de 48h ? Non si communauté international, il existe encore, si CEDEAO, ou UA ont encore un peu de scrupule, qu’on donne la chance aux ivoiriens de se choisir un président. La Cote d’Ivoire n’est pas une source où chacun vient s’abreuver sans le moindre souci moral pour ses enfants.

Lucien ESSOh



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